• En 273, Antoine de Koma, en Moyenne-Egypte, se retire dans un tombeau désert pour y mener l'ascèse dans l'extrême solitude.
    En 431, le concile d'Ephèse condamne les Messaliens qui négligent l'ascèse sous prétexte de prier sans cesse. Pendant l'" âge d'or des Pères de l'Eglise ", quelques générations de personnalités exceptionnelles ont fait prendre à la vie religieuse chrétienne un tournant décisif : aux ascètes et aux vierges, vivant dans le monde comme à Corinthe au temps de saint Paul, se juxtaposent l'anachorète, qui vit dans une cellule isolée en plein désert, et le cénobite, qui pratique la désappropriation et l'obéissance à l'intérieur d'une clôture.
    Cet idéal atteint le clergé qui vit en communauté à Verceil avec Eusèbe, en Afrique avec Augustin.
    L'ascétisme " prémonastique " avait fleuri de l'Afrique à la Mésopotamie aux IIe et IIIe siècles ; l'Egypte donne le ton à partir de 350 avec les expériences et les traces littéraires d'Antoine et de Pacôme, les oeuvres d'Evagre, les Apophtegmes des Pères du désert. Mais la Mésopotamie d'Aphraate, d'Ephrem et du Livre des Degrés, l'Asie Mineure avec Basile de Césarée, la frontière syro-asiate avec Macaire-Syméon, la Palestine avec Jérôme, la Gaule avec Martin, Honorat et Cassien, l'Afrique d'Augustin voient elles aussi leurs expériences monastiques rayonner grâce à des écrits de premier plan.
    Tertullien et Cyprien, Clément et Origène avaient élaboré une doctrine spirituelle ; voici maintenant l'expérience ascétique et mystique formulée par des praticiens dont certains ont assimilé le meilleur de la culture antique.
    La vie religieuse est ainsi illustrée par des pratiques et une pensée que les siècles à venir auront à appliquer, actualiser et inculturer dans de nouveaux contextes. Cette aventure spirituelle a marqué nos cultures ; l'expérience de l'ascèse, de la lecture biblique et de la prière est un bien commun de toute l'Eglise.

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