• Avec cet ouvrage, Grégoire de Tours s'est fixé pour tâche de rapporter tout ce qu'il a pu apprendre au sujet des saints ayant, dans toutes les régions du monde, versé leur sang pour le nom du Christ. Pour ce faire, il a consulté de nombreux écrits et sollicité de multiples témoignages oraux, afin de constituer ce recueil de miracles opérés par les martyrs à leur tombeau aussi bien que dans les divers sanctuaires où étaient déposées leurs reliques. Dans ces récits, dont, en sa qualité de pasteur, il entend tirer un enseignement salutaire pour les fidèles, il se révèle un conteur habile à éveiller et à retenir l'intérêt de ses lecteurs : suscitant, tantôt la compassion pour les malades guéris par les « saints médecins », tantôt l'effroi devant les terribles châtiments infligés aux criminels endurcis, il sait à l'occasion, allégeant son propos, piquer la curiosité pour les pays lointains et leurs productions exotiques ou divertir par quelque anecdote piquante. Ainsi que le révèlent les divers épisodes mis en scène, pour l'évêque de Tours et ses contemporains, les martyrs sont partout présents : dans les préoccupations de l'existence quotidienne, dans les actes de la vie sociale et dans l'espérance d'une éternité bienheureuse.

  • « Grégoire de Tours est né en 538. Après avoir étudié la Bible à Clermont-Ferrand, il a été élu évêque de Tours à l'âge de trente-quatre ans. Cette ville était un centre religieux et politique que se disputaient les Mérovingiens.
    Pendant vingt ans, Grégoire a gouverné ce diocèse que troublaient sans cesse les luttes fratricides de nos rois. Il trouvait néanmoins le temps d'écrire l'histoire à laquelle il était mêlé de près. Quand il est mort en 594, il laissait donc un témoignage hors pair sur ce VIe siècle si peu connu et si important.
    C'est l'époque où l'esprit francien succède à la mentalité gallo-romaine. Une nouvelle langue orale se forme, et le latin de Grégoire en épouse les mouvements naturels, les juxtapositions brutales, la rude vitalité : "Nous tenons en haute estime ta manière d'écrire, parce que le peuple peut la comprendre." » Jean Grosjean.

  • Tableau saisissant d'une époque trouble et ensanglantée, du développement de l'Église comme unique puissance civilisatrice entraînant la conversion des peuples guerriers, jusqu'au récit de la vie des premiers apôtres et saints gaulois (dépo­sitaires de la civilisation gréco-latine), cette oeuvre essentielle, aussi importante pour l'Histoire de France que pour l'histoire religieuse, est enfin rééditée dans son intégralité.

    Après une brève introduction consacrée à l'histoire universelle, d'Adam à saint Martin, commence le récit des faits historiques en Gaule, où l'invasion des Vandales et des Huns alterne avec l'Histoire de l'Église.

    À partir du Livre V, Grégoire relate les événements dont il a lui-même été le témoin. L'Histoire des Francs prend alors un caractère personnel et réaliste, qui emporte avec maestria l'adhésion du lecteur.

  • Né à Clermont (Auvergne) vers 538, Grégoire fut élu en 573 à l'évêché de Tours, l'un des plus prestigieux des Gaules.
    Cette position prépondérante l'amena à se mêler de toutes les affaires de son temps. Il laissa de nombreux écrits témoignant de son activité ecclésiastique et politique, parmi lesquels une monumentale Histoire des Francs, qui lui vaut le titre de Père de l'histoire de France.
    Historien chrétien, Grégoire commence par rapporter la chronologie du monde depuis sa Création jusqu'à la chute de l'empire romain.
    Puis viennent l'histoire des invasions barbares et celle de l'établissement du royaume Francs de Clovis (livres I à V).
    Ces cinq livres sont une source précieuse pour la connaissance de ces premiers temps de la France, pendant lesquels s'opérèrent la fusion des peuples Gallo-romain, Francs et Goths.
    " Etant arrivés à Soissons, on mit au milieu Je la place tout le butin, et le roi dit : " Je vous prie, mes braves guerriers, de vouloir bien m'accorder, outre ma part, ce vase que voici.
    " Les plus sages répondirent aux paroles du roi : " Glorieux roi, tout ce que nous voyons est à toi. Fais Jonc ce qui te plaît. " Lorsqu'ils eurent ainsi parlé, un guerrier présomptueux, jaloux et emporté, éleva sa francisque et en frappa le vase, s'écriant : " Tu ne recevras de tout ceci rien que ce que te donnera vraiment le sort. " A ces mots tous restèrent stupéfaits. "

  • Histoire des Francs. 1 / par Grégoire de Tours http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94600f

empty