• Ce livre est né du constat que la parole n'était pas vraiment donnée aux victimes.
    Quelques témoignages en huis-clos à la Conférence des évêques, au Vatican. On apprend que c'était touchant, émouvant, qu'on a pleuré... Mais à propos de quoi, au fait ? Rien ne transparaît vraiment. On comprend que c'est inadmissible, que l'on va faire quelque chose. Mais où est passée la parole des victimes dans l'institution ? Puis, alors que de nouvelles révélations en cascade font voler en éclat les certitudes et repères, chacun en vient à s'exprimer de son côté. Les évêques d'un côté, les psychiatres de l'autre, les victimes au milieu et les sociologues en surplomb. On pleure avec les victimes, on s'indigne de la lenteur de l'institution Église, on se tourne vers les experts uniquement pour valider les théories qu'on aurait déjà adoptées.
    Ce livre fait le pari de confronter des points de vue et des expertises différents, sans fard ni concession, en invitant chacun à présenter jusqu'au bout la cohérence de sa position. Se sont donc rencontrés trois victimes d'abus sexuels dans l'Église (deux hommes et une femme), un évêque, Mgr Ravel, suggéré par les victimes elles-mêmes parce qu'elles ont apprécié l'empathie et la bienveillance qu'il leur témoignait lorsqu'ont éclaté publiquement les scandales d'abus sexuels. Sont également présents un psychiatre spécialiste de l'accompagnement des personnes concernées par des traumatismes sexuels, qu'elles soient victimes ou auteurs des actes incriminés ; le docteur XX, et une sociologue spécialiste des violences institutionnelles ou faites en organisation, Mme XX.. dont la participation permet d'éclairer en quoi certains dysfonctionnements se retrouvent dans d'autres organisations caritatives ou humanitaires et en quoi d'autres seraient spécifiques à l'Église catholique. Le petit groupe s'est rassemblé sous la coordination et l'animation de Sophie Lebrun, journaliste à La Vie.
    Commence alors un parcours où quasiment tout peut se dire, parfois avec pudeur, parfois avec colère. Tous les thèmes importants qui tournent autour de la question des abus sexuels peuvent être abordés et ils ne concernent pas seulement la situation personnelle des auteurs ou des victimes. Cela touche la culture de l'abus dans son ensemble, la violence institutionnelle, le fonctionnement de l'Église, les questions autour du silence et de la réparation. Avec, au fond, un seul objectif partagé par tous les protagonistes de cet ouvrage : comprendre comment cela a pu être rendu possible pour éviter, autant que faire se peut, que cela puisse se reproduire.

  • Pourquoi l'Église, qui a des normes très strictes sur la sexualité, compte-t-elle tant de prédateurs sexuels ? Pour quelles raisons a-t-elle laissé faire et ignoré la souffrance des victimes ? Comment peut-elle éradiquer ce fléau ? Dans cette enquête de terrain sans précédent, Sophie Lebrun répond à ces questions et propose des solutions.
    En quelques mois, tout a basculé. Ce qui était caché est étalé au grand jour. Ce qui était considéré comme l'oeuvre de quelques brebis galeuses s'avère être un phénomène généralisé. L'ampleur des actes de pédophilie ne peut plus être niée, tant par le nombre des victimes que par ce qu'elle révèle d'un système d'abus de pouvoir et d'une loi du silence le couvrant.
    Pour enquêter, l'auteure s'est immergée dans les affaires les plus emblématiques, a rencontré les victimes, suivi les procès des accusés, interrogé la hiérarchie de l'Église et consulté de nombreux spécialistes des abus sexuels. Elle nous présente ici un panorama exhaustif de ce drame, tout en essayant de comprendre l'impensable et en proposant des clefs pour lutter contre ce fléau. Un travail rigoureux et objectif qui fera date.

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