• Soeur Paul Hélène (1927-1996), ingénieur de formation, entre chez les Petites Soeurs de l'Assomption. Elle entreprend des études d'infirmière, profession qui la mène dans des quartiers ouvriers de Paris.
    Au fil de ces années, son sens missionnaire et sa disponibilité se creusent en elle. En 1963, elle est envoyée à Alger, puis à Casablanca, pour revenir à Alger en 1984.
    Elle est la cheville ouvrière du Centre médicosocial des Petites Soeurs de l'Assomption qui offre à la population pauvre du quartier des Sources un service à domicile : soins infirmiers, travail familial et un dispensaire privé. Par la suite, elle sera infirmière scolaire.
    C'est en 1988 qu'elle rejoint la communauté de Belcourt à Alger et travaille à la bibliothèque de la Casbah avec le Frère Henri Vergès.
    C'est là qu'elle sera assassinée, en même temps que le Frère Henri Vergès, le 8 mai 1994. Dans la dernière période vécue en Algérie, Paul-Hélène se dit très interpellée par la violence et elle ajoute dans un texte reporté dans ce Prier 15 jours avec soeur Paul Hélène: « il faut commencer soi-même à lutter contre sa propre violence ».

  • Michel Foucault, le philosophe, et Michel de Certeau, le jésuite, furent contemporains - morts respectivement en 1984 et 1986 - et ont marqué la pensée moderne.
    L'un et l'autre accordèrent une grande importance aux phénomènes culturels et partagent le diganostic selon lequel l'Occident a en partie perdu le contact avec ses racines. L'enjeu d'une confrontation des deux auteurs est triple : révéler les impensés de l'un et de l'autre, dans un souci de prolonger la compréhension de l'histoire de la philosophie française au XXe siècle ;
    Contribuer à élaborer une pensée de la culture, dont la philosophie de l'interculturel a besoin ;
    Prolonger de façon spécifique l'attention aux politiques du care élaborée par ailleurs.
    Foucault et De Certeau ont poussé à un authentique « diagnostic du présent » concernant la vie, les solidarités, les façons d'être Leurs pensées ont aidé à rouvrir des possibilités d'action, dans des champs divers où beaucoup de leurs contemporains étaient engagés dans des impasses.
    Elles sont peut-être les derniers représentants d'une tentative d'unité. Mais la dispersion qui caractérise aussi leurs usages permet de mieux cerner leur intérêt et leur postérité.
    Ainsi, on trouve des influences mais surtout des discontinuités, des différences, des dissonances : de Certeau insiste sur le rôle des sciences religieuses pour comprendre la culture. Celles-ci sont largement sous-estimées et même absentes chez Foucault, qui n'y arrive que plus tardivement par l'étude de la question du vrai.
    De fait, comment comprendre aujourd'hui un certain nombre de phénomènes si on fait l'économie de la question des déterminations fondamentales de l'existence et des « manières de vivre », y compris religieuses Contrairement à ce que certains pensent, l'oeuvre de Michel Foucault donne peut-être paradoxalement plus de pistes sur ces questions qu'on ne l'estime généralement. De son côté, la pensée culturelle et religieuse de Michel de Certeau est devenue centrale aujourd'hui.

  • Le philosophe Emmanuel Mounier (1905-1950) est à l'origine du " personnalisme ", doctrine qu'il exposa et développa dans la revue Esprit.
    Il prôna le respect de la personne humaine et prit parti contre le fascisme et le colonialisme. Ce livre peut servir d'initiation à son oeuvre. On y retrouve les sources fondamentales de son inspiration. Mounier est l'auteur d'une véritable pédagogie spirituelle, qui ne transige ni avec les exigences du monde moderne ni avec les données essentielles de la foi. Pour lui, l'appel d'un Dieu engage l'existence d'une façon radicale.

  • En avons-nous fini avec les effets de la crise moderniste ? Les questionnements et les propositions des philosophes et théologiens du début du XXe siècle étaient de repenser, à la lumière des découvertes les plus récentes, le christianisme dans la culture contemporaine. Certains d'entre eux (Loisy, Tyrrell, Laberthonnière...) furent lourdement sanctionnés par le Magistère romain. D'autres furent contraints au silence.
    Le présent ouvrage, à la croisée de l'histoire, de la philosophie et de la théologie, se propose de revisiter les problématiques et les figures essentielles de cette période douloureuse, tout en montrant ses effets contemporains. Une première partie en rappelle le contexte, une seconde les protagonistes avant, dans deux autres sections, d'en étudier plus spécifiquement les enjeux et les prolongements possibles.
    Les leçons des débats sur la crise moderniste gardent sans doute une valeur permanente, que les contributeurs de cet ouvrage, à la suite des travaux pionniers de Pierre Colin, se sont efforcés d'évaluer à partir de leurs disciplines respectives. Un tel ouvrage, fruit d'un colloque à l'Institut catholique de Paris en 2019, vient combler un manque dans l'aire francophone.
    J.-F. P.


    Estelle Maussion est diplômée de Sciences Po Bordeaux et du Centre de Formation des Journalistes (CFJ). De 2012 à 2015, elle a vécu en Angola, où elle a travaillé comme correspondante de l'Agence France Presse (AFP) et de Radio France Internationale (RFI).

    Ce livre est le fruit d'une longue enquête nourrie de faits, d'observations de terrain et d'analyses d'experts. Il comporte néanmoins une part de fiction pour mieux plonger le lecteur dans l'ambiance du pays et l'intimité imaginée de la famille dos Santos.

  • Une approche nouvelle et originale, qui peut faire découvrir saint Augustin à un public beaucoup plus large.

  • Redisons-le fortement : seule la personne possède une dignité humaine, aussi extensive soit sa conception aujourd'hui. Comme centre existentiel unique, elle possède une sensibilité incomparable pour les souffrances et pour les joies, une sensibilité qu'on ne retrouve nulle part dans le monde objectif. La personne n'est pas un composé de parties, un agrégat ou une addition. Ainsi, elle marque sa singularité, son unicité, du début jusqu'à la fin.
    A travers ces études, on ne peut qu'être frappé par la permanence des enjeux qui s'en dégagent et, pourquoi ne pas le dire, du caractère prophétique de la vision personnaliste d'Emmanuel Mounier (1905-1950). Face à des philosophies qui succombent à la fascination médiatique ou à celles qui se cantonnent dans une érudition inadaptée aux défis contemporains, le personnalisme creuse une ligne de fond qui est aussi une ligne de vie.
    On dit qu'un philosophe, quels que soient les domaines qu'il traverse par vocation et par mission, revient toujours à un « port d'attache ». Ce fut le cas ici avec le personnalisme. Pour ma part, je peux fermement attester qu'avec Emmanuel Mounier, je ne me suis jamais trouvé dans des impasses conceptuelles ni en défaut de penser.

  • Les actes du colloque qui eut lieu à la Cour de cassation de Paris le 29 janvier 2016 ouvrent des pistes de réflexion sur la meilleure manière de rendre justice aux victimes après la barbarie, comme le génocide au Rwanda.

  • L'homme occidental est « augustinien » sans le savoir. Et l'homme du XXe siècle tout autant, car loin de se limiter à l'Antiquité et à l'Église, la pensée d'Augustin a irrigué la pensée contemporaine.
    Voici pour la première fois une présentation extrêmement claire des apports de la pensée d'Augustin à la philosophie européenne du XXe siècle. Augustin fut de tous les grands débats philosophiques et culturels de ce siècle, au coeur des discussions philosophiques sur l'évolutionnisme, notre rapport à la culture antique, les recherches sur le temps, la personne...
    Jean-François Petit présente chacun des grands moments « augustiniens » de ce siècle, et les interprétations de son oeuvre en jeu, le renouvellement de la lecture de sa pensée. On peut ainsi découvrir les apports de Blondel, Heidegger, Camus, Gadamer, Jaspers, H. Arendt, Emmanuel Mounier, Etty Hillesum, Derrida, Marion, Lyotard... Comme l'écrit Jean-François Petit : « La philosophie augustinienne a aidé des penseurs du XXe siècle à faire surgir la vérité de leur propre philosophie. »

  • Vouloir dresser un tableau de la philosophie française au XXe siècle est une entreprise risquée.
    Comment s'y repérer ? Quelles ressources y puiser ? Cet ouvrage opère un retour critique sur les grandes traditions françaises : idéalisme, réalisme, spiritualisme. Il vise à en montrer le profond renouvellement jusqu'à la période contemporaine. Les temps ne sont plus aux " grands récits " : Sartre, Althusser, entre autres, ne tiennent plus le haut du pavé. De nouvelles directions de recherche ont largement émergé.
    Phénoménologie, structuralisme, herméneutique sont encore très présents, même si on constate désormais un véritable éclatement de la pensée française. Les figures de Foucault, Derrida, Lyotard ou Deleuze en sont les plus représentatives. Problèmes, méthodes, enjeux, notamment d'un point de vue chrétien, se trouvent au coeur de cette passionnante traversée du siècle.

  • Cet ouvrage est issu du colloque réalisé à Cotonou à l'occasion du premier anniversaire de l'Exhortation apostolique Africæ munus, sur l'église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix.

  • Quel est le génie propre du christianisme ? En quoi consiste sa cohérence ? D'où vient son incontestable puissance historique? Les chrétiens, parfois confrontés à de lourds malentendus et soucieux d'une intelligence de la foi dans le monde contemporain, trouveront dans cet ouvrage une argumentation sans précédent. Parce qu'ils en déploient l'architecture intellectuelle et spirituelle, ces entretiens font immanquablement penser au Génie du christianisme de Chateaubriand. Philosophe spécialiste internationalement reconnu de métaphysique, de phénoménologie et de théologie, Philippe Capelle-Dumont s'est laissé ici interroger sur les axes centraux de sa pensée, sans céder à la facilité. Ceux qui connaissent l'ancien doyen de la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris, actuellement professeur des universités à Strasbourg, ne seront guère surpris par sa prodigieuse culture. Ils rencontreront ici bon nombre d'informations susceptibles de mieux faire comprendre le sens de son oeuvre. Ils seront peut-être davantage étonnés en constatant que le propos n'est pas exempt de prises de position fortes sur des sujets discutés concernant l'état de la France ou de l'Église. Avec enthousiasme, Philippe Capelle-Dumont démontre ici non seulement que « croire » est de nouveau permis mais qu'on y trouve une porte d'entrée heureuse permettant d'embrasser l'ensemble du patrimoine chrétien et d'ouvrir plus largement notre horizon.

  • De nombreuses congrégations et instituts religieux se réclament aujourd'hui de la Règle et de la spiritualité de saint Augustin : Prémontrés, Assomptionnistes, chanoines de différentes obédiences, mais aussi communautés de création plus récente.
    Ce livre leur donne la parole et témoigne de l'actualité d'une telle démarche spirituelle. Plus que jamais, saint Augustin est notre contemporain, comme le soulignent chacune à leur manière les différentes contributions réunies ici.
    Les études qui lui sont consacrées, les différentes interprétations de sa Règle, sa place éminente dans la culture contemporaine, sa perception par les Églises orientales ou ses liens historiques avec l'Afrique et son enjeu pour le dialogue euroméditerranéen sont autant de façons de redécouvrir une figure qui marque profondément notre manière de vivre le christianisme.
    Cet ensemble est dirigé par le père Jean-François Petit, assomptionniste et maître de conférences habilité à la faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris, et le père Olivier Roduit, chanoine de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune.

  • Le care, le soin, l'éthique de la sollicitude, de l'attention à autrui, autant de termes qui font irruption dans le débat public. Élaboré à son point de départ par des féministes impliquées dans la santé, ce courant de pensée peut-il bousculer l'ordre de la société ou n'est-il condamné qu'à soigner les plaies béantes de la société de la performance et de l'hypercompétition de tous contre tous ? Cet ouvrage propose une vision plurielle et structurée de ce qui pourrait fonder une société du soin. Il définit les contours du care, explicite ce que cette pensée remet en cause dans la manière d'envisager l'humain avant d'examiner son impact critique et créatif dans deux lieux clés : les lieux de soins et le travail. En reliant ces approches, ce livre interroge les fondements de l'ordre économique, social et politique actuel. Sortir d'une vision, qui fait du calcul la mesure de toute chose et de la performance une raison d'être, impose de renoncer à l'illusion d'un individu totalement maître de sa vie et de ses choix. Construire une société du soin suppose de partir de la vulnérabilité de chacun non pour s'y complaire, mais pour grandir en humanité.

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