Paris

  • Depuis La France protestante des frères Haag en 10 volumes publiés entre 1846 et 1859, aucun ouvrage de cet envergure ne s'était attaché au protestantisme français. Ce Dictionnaire qui va de la fin des persécutions (édit de 1787 à nos jours) prend en compte l'ensemble des secteurs de la société où des protestants se sont illustrés : un inventaire sans précédent de ce que réformés, luthériens, et membres des autres dénominations protestantes, ont apporté à la France, des pasteurs aux banquiers, des savants aux cinéastes, des artistes aux écrivains...

    Le tome 1, publié en janvier 2015, traitait des lettres A, B, C. Ce tome 2 (lettres D-J) totalisera près de 1700 notices où figurent notamment : Gaston Defferre, le colonel Denfert-Rochereau, les de Dietrich, les Donnedieu de Vabres, le préfet Claude Érignac, Élie Faure, les armateurs Fraissinet, Émile Gallé, Janine Garrisson, André Gide, le peintre Girardet, Hubert de Givenchy, François Guizotle préfet Haussmann, les Hermès, Pierre Joxe, l'historien Camille Jullian,... Ces hommes et femmes ont donné à la France un accent particulier : c'est l'ambition de ce dictionnaire que de le faire entendre, en proposant une traversée originale de plus de deux siècles d'histoire.

  • Les Mémoires de Jean Valat sont un très grand document sur les dragonnades dans les Cévennes, de 1683 à 1685. Rédigés en français aux Pays-Bas, où leur auteur avait trouvé refuge, ils n'existent plus aujourd'hui que sous la forme d'une copie conservée par une famille allemande. Jamais publiés dans notre langue, ils sont restés quasiment inconnus des historiens. C'est dire l'importance de la présente publication, pour laquelle le texte a été révisé, annoté et introduit par le spécialiste de l'histoire des huguenots, Eckart Birnstiel, et l'étudiante qui a rédigé le premier travail scientifique sur les Mémoires.

    On y découvrira la vie quotidienne d'une communauté littéralement agressée par la violence des dragons, la convoitise de certains voisins catholiques, puis le coup d'arrêt de la Révocation. Les événements sont vus à travers les yeux de Jean Valat, un jeune notable instruit, qui n'a jamais voulu céder à la pression et a basculé dans la clandestinité, pendant des mois, au coeur du Vigan même, avant de réussir à gagner le lointain Refuge. Le texte palpite comme un témoignage de rescapé que l'on croirait avoir recueilli hier. Il mérite de prendre place dans la bibliothèque des grands documents qui accompagnent à jamais la tragédie de la Révocation.

  • En ce 500e anniversaire de la naissance de jean calvin et de michel servet, l'"affaire servet" reste une épine dans l'image du réformateur.
    Voilà qu'en ce xvie siècle oú l'intolérance de l'inquisition domine l'europe, à genève un opposant à calvin est, à son tour, brûlé. c'est la publication du de trinitatis erroribus (en 1531) et de la christianismi restitutio (début 1553) qui fut la cause principale de sa mort. la restitutio, par son titre même, s'oppose frontalement à l'institution de la religion chrétienne de calvin. arrêté et jugé en france par l'inquisition, servet s'enfuit et tente de gagner l'italie en passant par genève oú il est reconnu.
    A l'issue de son procès, oú l'influence de calvin n'est pas négligeable, il est condamné au bûcher et exécuté le 26 octobre 1553. dans son livre, vincent schmid s'attache à montrer l'originalité de servet, enfant de l'espagne et d'erasme, fortement attaché au droit de penser librement et qui cristallise le débat entre calvin et castellion. dans une langue simple et concrète, il dessine un servet vivant et proche, dont la fin tragique marque les prémisses de la liberté de conscience.
    C'est à ce cheminement que s'attache vincent schmid, cheminement qui passe par castellion préconisant la séparation du religieux du pouvoir séculier, par bayle et le droit à la conscience errante, par spinoza, locke, turrettini et les lumières. sa réflexion reste d'actualité dans une époque marquée par le retour massif du religieux. plus que jamais, il est nécessaire que les croyants se donnent les moyens de penser positivement l'hérésie comme une marge indispensable à la foi.
    Un dossier iconographique illustre l'ouvrage.

  • Naguère encore, le protestantisme était irrévérencieux.
    Aurait-il aujourd'hui accompli sa mission historique en léguant au monde contemporain l'essentiel de ses valeurs : la laïcité, le libre examen, la démocratie, l'égalité, l'éducation obligatoire, l'émancipation de la femme ? mais est-ce le protestantisme qui a transformé la société française, ou n'est-ce pas plus vraisemblablement la société française qui a transformé le protestantisme ? la république peut-elle s'accommoder du royaume ? le royaume admet-il la république ? cette tension n'est pas nouvelle ; elle trouve l'une de ses applications dans l'espace atlantique, en particulier dans l'angleterre, la france et l'amérique de la première modernité.
    Elle s'incarne aussi dans un certain nombre de grandes figures protestantes qui apparaissent tour à tour en ces pages : luther et calvin, henri iv, cromwell, élie marion, john wesley, jean-jacques rousseau. histoires de protestants, au pluriel, plus qu'histoire du protestantisme. ce sont ces personnalités contrastées que bernard cottret a placées au coeur de son analyse et qui, en dernière instance, dessinent la frontière entre le religieux et le politique, le croyant et le citoyen.

  • Connaît-on vraiment le protestantisme français et son histoire ?
    C'est pour répondre à cette question que les auteurs ont conçu ce livre, leur premier souci étant d'appréhender le protestantisme dans son ensemble, aussi bien luthérien que réformé ou évangélique. Leur seconde préoccupation a été de l'étudier à la fois dans ses confrontations avec l'histoire nationale et sous les formes multiples qu'il a prises dans les différentes régions de France.
    Dans une première partie, ont été réunis les meilleurs historiens du protestantisme : Marianne Carbonnier pour le XVIe siècle, Elisabeth Labrousse pour le XVIIe, Daniel Robert pour le XVIIIe, André Encrevé pour le XIXe, Jean Baubérot pour le XXe, Jacques Poujol pour le XXIe, l'introduction étant due à Henri Dubief et la postface à Paul Viallaneix. Dans une deuxième partie, des spécialistes et chercheurs locaux et régionaux dont plusieurs universitaires sous la coordination de Jacques Poujol, ont dégagé un riche patrimoine de la France protestante, en traitant chaque région dans sa spécificité.
    S'y ajoutent des itinéraires de découverte, véritable guide des lieux de mémoire du protestantisme, pour reprendre l'expression chère à Pierre Nova (musées, paysages, sites, monuments, maisons natales) qui gardent l'empreinte de l'identité et de la ténacité huguenotes. 3e édition, revue et actualisée, d'un livre devenu un classique du protestantisme.

  • Ouvrage irrévérencieux et d'un humour inattendu chez le père du protestantisme français et pour le 500e anniversaire de sa naissance en 2009, ce traité des reliques, publié en 1543, recense les reliques de saints dont, à son époque, le monde chrétien s'enorgueillissait.
    Il ironise sur les innombrables croix et couronnes d'épines, les corps de saints en double ou triple exemplaire, les vêtements et autres objets intacts depuis 1500 ans, tous objets de jalousie et de pèlerinage. pour calvin, il s'agit par là de se débarrasser du culte des idoles pour s'attacher à dieu seul. ce texte, s'il fait appel à la raison pour repousser l'idolâtrie, est aussi un texte de combat, un pamphlet théologique au service de la foi seule.
    Il témoigne enfin d'une maturité de la langue française qui le place entre rabelais et montaigne, autres grandes figures de la renaissance.

  • Publié à Londres en 1707, Le Théâtre sacré des Cévennes est un document capital pour comprendre le climat religieux dans lequel ont vécu les protestants du Languedoc, soulevés contre Louis XIV de 1702 à 1705 pour défendre le libre exercice de leur religion. Autour des dépositions de quatre prophètes-camisards (Élie Marion, Durand Fage, Jean Cavalier de Sauve et Abraham Mazel), l'écrivain Maximilien Misson a sollicité plusieurs Cévenols, réfugiés à Londres, pour qu'ils apportent leur témoignage sur le prophétisme, le moteur de cette insurrection populaire. En replaçant l'histoire de ce texte fondateur dans son contexte londonien, l'historien Jean-Paul Chabrol présente une lecture nouvelle de cet ouvrage incontournable pour comprendre la guerre des Camisards.

    « C'est une pleine réussite à la mesure de ce document de première importance. » Philippe Joutard

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