Vrin

  • Les questions sur la foi de Pierre de Jean Olivi (v. 1248-1298) présentent avec clarté les enjeux principaux des traités de la foi du XIIIe siècle : en quoi l'acte de foi peut-il être dit volontaire et vertueux? Est-il irrationnel de croire sans preuves? L'auteur se distingue par sa radicalité : le devoir de croire sans preuves, fondé sur une obéissance instinctive à Dieu avant même que son existence ne soit admise, s'applique bien au-delà, dans de nombreux domaines de la vie. Ce point de vue et l'écriture et l'organisation originales de ces questions en font un texte passionnant, à la fois représentatif de son temps et en rupture significative avec la tradition dans laquelle il s'inscrit.

  • Né en 1225, saint Thomas étudie la théologie à l'Université de Paris puis à Cologne sous la direction d'Albert le Grand. Influencé par Aristote, le thomiste remporte un immense succès. L'exemple de La Somme théologique qui accorde une place de premier ordre à l'Ethique à Nicomaque d'Aristote et fait entrer dans le christianisme tout le capital de l'humanisme hellénistique, est une preuve de ce succès.
    L'humanisme chrétien développé par saint Thomas, présente une morale nouvelle au XIIIe siècle. Le présent ouvrage, augmenté d'un précieux guide de lecture réalisé par Ruedi Imbach, s'efforce de mettre en évidence les articulations de la morale thomiste à travers une sélection de textes choisis, offrant au lecteur un moyen efficace de s'engager dans l'oeuvre de saint Thomas.

    Ajouter au panier
    En stock
  • En opposition à la théorie de la connaissance augustinienne, exprimée en termes platoniciens de participation au divin, Thomas d'Aquin tente une naturalisation de la connaissance de tous les esprits finis, y compris les anges qui n'ont pas d'intermédiaire corporel, tout en reprenant l'idée d'une illumination divine dans sa théorie de la connaissance des bienheureux. Ce projet sera véritablement mené à bien par Jean Duns Scot, avant de passer dans les philosophies de Descartes quant aux anges, de Malebranche et de Spinoza quant aux bienheureux. L'auteur montre ainsi qu'il y a un dialogue direct des trois philosophes modernes avec Thomas et Scot, de même qu'un dialogue indirect avec Augustin, dans la mesure où leur pensée permet de répondre au problème de la fondation du savoir en séparation ou en union avec le divin.

  • Dirigeant spirituel, dominicain et homme politique, comment maître Eckhart a-t-il traversé les conflits religieux de son époque ? Cet essai dresse un bilan de la puissante pensée de Maître Eckhart depuis son sermon en 1294 jusqu'à sa mort en 1327. Condamnée par sa propre Église, sa philosophie fut qualifiée de monstrueuse par ses formules excessives. L'auteur revient sur l'enseignement d'Eckhart et la portée de ses affirmations tant à son époque que pendant les siècles qui suivirent, puisque sa pensée toucha des intellectuels tels que Nicolas de Cues, Hegel, Heidegger, Robert Musil. A partir de textes et de la présentation de l'agitation du monde intellectuel spécifique au XIIIe siècle, Kurt Flasch introduit à la lecture du Maître en plaçant son essai sous l'angle de sa philosophie du christianisme.
    Kurt Flasch est professeur émérite de l'Université de Bochum.
    Catherine König-Pralong est maître-assistante à l'Université de Fribourg.

  • Le commentaire possède-t-il une légitimité? Commenter est-il un acte théologique, entre-t-il dans les cadres philosophiques ou bien n'est-il qu'une simple pratique pédagogique, voire une perte de temps? Epictète soulignait déjà que « commenter les enseignements » est encore moins profitable que d'écrire des textes, le but de la philosophie étant avant tout de la vivre et de la pratiquer.
    Superflu, transformateur voire générateur de trahison, les critiques médiévales à l'égard de la pratique du commentaire ont été parfois virulentes. Pourtant, le Moyen Âge regorge de commentaires, faisant de l'acte herméneutique un acte philosophique à part entière et un acte théologique nécessaire. Dégager le sens, redonner vie aux auteurs oubliés, reproduire avec ses propres mots, permettent tout aussi bien de lire et de comprendre le texte original que son commentaire. La relation des textes et leur engendrement témoignent de la vie des idées et de la transmission des savoirs.
    Dans un souci d'interdisciplinarité, ce volume de la collection de l'Institut d'études médiévales de l'Institut Catholique de Paris réunit des contributeurs philosophes, théologiens, spécialistes d'exégèse, canonistes et historiens.

    Pascale Bermon et Isabelle Moulin (éd.). Ont participé à ce volume : P. Bermon, O. Boulnois, J. Casteigt, G. Dahan, J. Dalarun, S. Ebbesen, L. Himmelfarb, Th. Joubert, R. Meyer, I. Moulin, E. Petit, Chr. Schabel et Ph. Vallat

  • Aujourd'hui comme hier, les relations entre la loi humaine et la loi divine, entre le fondement sacré de l'autorité et l'organisation temporelle de la cité, ne cessent de soulever des questions nombreuses et brûlantes. Le Moyen Âge, non seulement occidental, mais aussi byzantin et musulman, a fourni une contribution étonnamment diverse et féconde sur ces questions. Lecteurs médiévaux d'Augustin, penseurs originaux comme Maxime le Confesseur, Farabi, Avicenne, Thomas d'Aquin, Gilles de Rome et Marsile de Padoue, tous les courants, tous les auteurs étudiés montrent que la concurrence entre des sources religieuses comme la Bible et le Coran, philosophiques comme les textes de Platon et d'Aristote, et juridiques comme les compilations de Justinien, fit de la Méditerranée médiévale une sorte de laboratoire des théories sur la manière la meilleure d'articuler les deux puissances et leurs deux fins, spirituelles et temporelles, moins distinctes qu'entrelacées. Par là, ils nous aident à répondre à cette question : durant les derniers siècles, avons-nous assisté à une lente sécularisation du religieux en politique, ou bien à un mimétisme et à une concurrence entre les deux glaives ?

    Avec les contributions de O. Boulnois, B. Bourdin, F. Daguet, J.-Ph. Genet, G. Kapriev, O. L. Lizzini, S. Simonetta, É. Tardivel et Ph. Vallat.

  • Christ maitre

    Bonaventur

    • Vrin
    • 17 Avril 2003
  • Notre filiation divine, hautement affirmée dans les Écritures et par les Pères, constitue le titre majeur de la dignité surnaturelle issue de la régénération baptismale.
    Saint Thomas d'Aquin exprime, avec un équilibre christologique remarquable, l'analogie entre cette filiation divine par adoption et la filiation divine par nature du Verbe. Grâce à sa visée antiadoptianiste et à la pertinence de son sens de la participation et de l'assimilation, il parvient à rendre compte harmonieusement du paradoxe selon lequel le Fils unique de Dieu est le Premier-né d'une multitude de frères.
    Cette étude rassemble, ordonne et commente les, textes où l'Aquinate en traite ou y fait allusion. Ce dossier permet, après une enquête historique au long des siècles qui nous séparent de lui, de saisir à quel point sa pensée épouse et formule, avec rigueur et bonheur, les richesses des sources scripturaires et patristiques.

empty