Beauchesne

  • Maître Eckhart est souvent connu par ses Sermons allemands, qui expriment la force et de l'actualité de sa prédication, mais qui sont lacunaires dans la mesure où ils sont constitués de notes prises par ses auditeurs. Ils n'en manifestent pas moins l'orientation de l'oeuvre de ce penseur majeur du xive siècle qui est la prédication, comme en témoigne d'ailleurs sa vie, qu'il est désormais possible de reconstituer, et cet ouvrage s'attache à le faire, de manière originale.
    Les différentes composantes de l'oeuvre eckhartienne sont également reprises et l'actualité de sa pensée est mise en évidence.
    En envisageant les principaux thèmes développés par Eckhart, tant en anthropologie qu'en christologie et en théologie trinitaire, sans oublier l'axe majeur de la pensée d'Eckhart qui est la filiation divine, cet ouvrage prend en compte les deux volets de cette oeuvre.
    Il en présente également les sources qui sont souvent oubliées et la réception qui en a été faite jusqu'aujourd'hui, ce qui renouvelle l'étude de ses écrits.

    Marie-Anne Vannier, Professeur à l'Université de Lorraine, Membre de l'Institut Universitaire de France, a publié de nombreux ouvrages et articles sur S. Augustin, Jean Cassien, maître Eckhart et les mystiques rhénans.

  • Ce livre envisage un aspect encore peu connu de l'oeuvre de maître Eckhart :
    Sa lecture des Pères latins. Un certain nombre de sources de la pensée eckhartienne ont déjà été étudiées, mais le fait qu'il cite, par exemple, Augustin quelque cinq mille fois dans son oeuvre n'a pas été beaucoup retenu. Or, un dialogue s'est effectué entre les deux auteurs par-delà les siècles, dialogue qui a infléchi la pensée du Thuringien.
    Dans le cadre du projet ANR -17- FRAL - 0002 TEAPREA (Teaching and Preaching with Patristic auctoritates. Meister Eckhart in France and Germany, past and present ), nous réalisons une étude systématique des sources patristiques d'Eckhart, ce qui donnera lieu à la publication d'un Index, regroupant ces sources. Nous étudions aussi les références qu'Eckhart fait aux Pères latins et aux Pères grecs, tant sur le plan thématique que sur celui de ses oeuvres, dans deux ouvrages.
    Ce premier volume est consacré à la lecture qu'Eckhart fait des Pères latins, un second suivra pour les Pères grecs. Ces deux volumes, explicitant l'Index, renouvelleront la compréhension de l'oeuvre eckhartienne.
    Ont participé à ce volume :
    Silvia Bara-Bancel , Julie Casteigt , Régis Courtray , Jean Devriendt , Jacques Elfassi , Jana Ilnicka , Christian Jung , Jean-Claude Lagarrigue , Dietmar Mieth , Harald Schwaetzer , Marie-Anne Vannier , Markus Vinzent .

  • Dire l'ineffable. Entre les anthropomorphismes de la Bible et une conception très haute de la transcendance qui est celle d'un platonisme réinterprété par le courant gnostique, les premiers Pères de l'Église, pour exprimer leur conception du Dieu suprême et distinguer leur « vraie philosophie » de celle des intellectuels païens, ont dû se créer leurs voies propres, conciliant l'héritage de la Bible et celui de la pensée grecque. Certains d'entre eux ont théorisé leurs principes dans une véritable réflexion méthodologique et introspective, d'autres les ont simplement laissé entrevoir. Le colloque dont ce volume constitue les Actes s'est attaché à définir les fondements méthodologiques de la définition de Dieu chez les Pères les plus représentatifs de la première théologie chrétienne, depuis Justin Martyr et Tertullien jusqu'à la fin de l'époque patristique.
    Actes du colloque de Tours, 17-18 avril 2015.

  • Lorsque, vers le début du IIIè siècle, apparaissent à côté de la triade ministérielle classique (évêque, presbytres et diacres) les fonctions de lecteur et de sous-diacre, on pourrait croire que l´essentiel de la structure hiérarchique de l´Eglise est désormais constitué. Pourtant, la naissance de fonctions inférieures n´est que la première des étapes qui mènera l´organisation ecclésiale vers la formation d´une hiérarchie où les notions de cursus, de grades et de mérites joueront un rôle prépondérant, où le clergé concentrera en lui toutes les perfections et tous les pouvoirs relatifs à la vie de foi.
    Une enquête aussi systématique sur les mécanismes historiques et psychosociologiques qui ont abouti à la hiérarchisation des fonctions et à l´établissement d´un état de cléricature de plus en plus séparé d´un laïcat n´avait jamais été menée avec une telle ampleur. Le lecteur se trouve devant un dossier complet et bien documenté ; il peut aborder la question en possession de toutes les données du problème. Les sources sont présentées et commentées avec beaucoup de rigueur.
    L´analyse ne laisse aucun détail dans l´ombre et cherche avec une grande honnêteté scientifique à rendre compte des moindres obscurités. Les conclusions permettent d´avoir une vision renouvelée de ces fonctions ecclésiales que l'on appellera « ordres mineurs » et de voir comment se trace de plus en plus fermement la frontière entre les laïcs et le clergé et, à l´intérieur du clergé, entre les « ordres mineurs » et les « ordres majeurs ». Il faut suivre dans le détail les glissements survenus dans la société ecclésiale, du charisme au service, de la délégation de services à la substitution des fonctions, de la fonction à l´état clérical, pour découvrir comment l´on en est arrivé à l´idée d´un cursus dans lequel la fonction supérieure est la somme de toutes les autres.
    Cet ouvrage ne se limite pas à chercher quels sont les contours, les frontières et l´évolution des différents groupes composant l´organisation ecclésiastique, il nous conduit également - et ce n´est pas un des aspects les moins intéressants de ce livre - à nous interroger sur les fondements historiques et théologiques de la distinction clerc/laïc au sein du peuple de Dieu.

  • Dans ce travail de recherche, nous nous proposons d'analyser la pensée de Maître Eckhart au regard de plusieurs oeuvres "béguinales" que sont Le Miroir des âmes simples de Marguerite Porete, La lumière fluente de la Divinité de Mechthilde de Magdebourg ainsi que les Lettres, les Poèmes et les Visions de Hadewijch d'Anvers, et ce afin de mieux saisir l'originalité d'Eckhart et de mieux comprendre son point d'ancrage. Quels sont les points communs entre ces oeuvres spirituelles écrites en langue vernaculaire ? Qu'ont-elles aujourd'hui à nous dire ?

  • La controverse avec les gnostiques, présente dans les écrits du IIe siècle dès l'époque de Justin, les persécutions diverses dont étaient victimes les chrétiens au sein de l'Empire et le constat, sans doute douloureux, que leurs ennemis, malgré la dépravation et l'impiété dont ils étaient censés faire preuve, jouissaient plus qu'à leur tour des bienfaits de la fortune, ont obligé les intellectuels chrétiens à clarifier leur doctrine sur l'origine du mal pour en justifier la présence dans le monde. Cette toute première "théodicée" apparaît même dans les ouvrages apologétiques, souvent en réplique à des objections païennes ou à des interrogations chrétiennes : pourquoi un Dieu bon a-t-il créé un homme mauvais ou capable de l'être ? Pourquoi, après la venue du Sauveur, tolère-t-il encore le mal en ce monde ? Ce sont leurs réponses que nous allons exposer, tout en prenant grand soin de préciser que les écrits de controverse ad paganos, qui forment la majeure partie du corpus des Apologistes, ne se prêtent pas nécessairement à un exposé très fidèle de leur pensée ou de leur enseignement, les nécessités de l'apologétique devant être conciliées avec celles du respect de la droite doctrine.

  • La rencontre de Rome et de la Bible fut un événement spirituel décisif, à l´origine des civilisations occidentales. Cette rencontre ne signifiait pas seulement un dernier apport de l´Orient grec au monde latin antique. Tradition juive et nouveauté chrétienne, conjointes dans les deux Testaments, étaient porteuses d´une vision religieuse de l´homme et de son histoire fort distincte de celles de l´hellénisme. L´alliance de cette double tradition biblique avec le génie romain s´est traduite à son tour dès la fin de l´Antiquité (du IIIe et VIe siècle) en des valeurs de vie et des formes d´expression, littéraires et artistiques, liturgiques aussi, dont nous sommes les héritiers.
    Il importait donc d´explorer, dans la richesse de ses étapes les plus anciennes, une mutation qui a si profondément marqué les sociétés et les idéologies de l´Europe, et nourri si diversement leurs cultures et leurs spiritualités.

  • Deux livres, abondamment complémentaires l´un de l´autre, permettent enfin d´aborder Maxime le Confesseur dans toute l´amplitude de sa pensée : l´étude de Juan-Miguel Garrigues, concernant l´homme, son salut et sa divinisation, qui apparaîtra dans la même collection sous le titre "Maxime le Confesseur. La charité avenir divin de l´homme", et le présent ouvrage d´Alain Riou, consacré à la vision du monde et de l´Eglise par le grand théologien oriental. Ces deux travaux dévoilent le fait que Maxime est passé peu à peu d´une conception de la participation hiérarchique à une conception de l´intentionnalité de l´être chrétien. Il a ainsi mis en pleine lumière tout le mystère de la filiation, apportant des corrections fondamentales à l´alexandrisme de Cyrille d´Alexandrie et au néoplatonisme du Pseudo-Denys, corrections dont peut-être la tradition orientale postérieure a trop peu tenu compte. Désormais, Maxime peut apparaître dans toute sa grandeur : loin de se limiter - comme on l´avait cru longtemps - à une compilation éclectique d´Origène, d´Evagre, de Grégoire de Nysse et de Denys, il synthétise et corrige l´un par l´autre ces différents courants spirituels et théologiques. La première partie du volume d´A. Riou, consacrée à la cosmologie, reprend et résume l´essentiel des études antérieures à travers une analyse serrée des Ambigua, particulièrement du chapitre 7 et de ses parallèles. Ainsi se dégage une vision très équilibrée du monde et de l´économie divine. L´originalité et l´apport de ce travail apparaissent surtout dans la deuxième partie consacrée à la christologie. Entreprise à travers un commentaire du chapitre 42 des Ambigua dont l´importance et la particularité n´avaient guère été perçues jusqu´ici, cette analyse constitue le noeud de la thèse.

  • Maxime le Confesseur. Un moine aux origines obscures, probablement palestinien de souche juive et de culture grecque, qui, à la fin de la grande période patristique, recueille tout l´héritage dogmatique et spirituel de l´Orient chrétien (Origène, les Cappadociens, la tradition macarienne, Cyrille d´Alexandrie, le Pseudo-Denys, etc.) et le charpente dans une première ébauche d´aristotélisme chrétien rendant possible, à travers saint Jean Damascène, la synthèse médiévale de saint Thomas d´Aquin. Un spirituel du VIIè siècle qui, à Constantinople, découvre de l´intérieur le Palais et l´Eglise impériale dans leur suprême tentative pour sauvegarder, fut-ce au prix de l´hérésie, l´intégrité politico-religieuse de l´Empire. Un errant dans le chaos d´une époque apocalyptique qui voit le dernier affrontement entre les deux empires des Grecs et des Perses, rivaux depuis plus d´un millénaire, puis la montée foudroyante de l´Islam et la dislocation de la chrétienté romaine.
    Maxime est, tant par ses écrits que par sa vie de plus en plus audacieuse dans la charité, un témoin de la plénitude humano-divine du Christ : à Carthage dans la controverse doctrinale, à Rome dans la confession conciliaire auprès du successeur de Pierre, à Byzance dans les supplices d´un procès pour haute trahison, et finalement sur les hauteurs du Caucase dans le martyre.
    A travers ce parcours fulgurant de l´histoire d´une liberté chrétienne, c´est un saint qui découvre et proclame l´amour fou du Père comme avènement humain de Dieu dans le Christ et comme avenir divin de l´homme dans l´Esprit de charité. Dieu et l´homme, chante-t-il, se servent mutuellement de modèles. Par son amour pour l´homme Dieu s´humanise selon la même mesure où par la charité l´homme est divinisé pour Dieu.

  • Le Christ et la Trinité selon Maxime le Confesseur : tel est l´unique objet de cette étude. Plusieurs textes de Maxime, expliquant les Pères cappadociens, sur la Trinité, sont ici traduits et commentés. Et non seulement Maxime confirme le lien entre la christologie et la théologie trinitaire lorsqu´il répond aux controverses du monophysisme sévérien, mais encore, il l´emploie comme argument décisif dans son affirmation, contre le monothélisme de Serge et de Pyrrhus, d´une volonté humaine du Christ Jésus. Dans son introduction, l´auteur nous avertit : il entend « montrer que la pensée de Maxime le Confesseur, concernant le Christ Jésus et la Trinité, s´exerce selon les rapports logiques de l´union et de la différence comme de l´identité et de l´altérité, qu´elle recourt aux réalités de l´hypostase et de l´ousie, comprenant la volonté raisonnable et l´opération volontaire, et qu´elle témoigne de la correspondance des dogmes trinitaire et christologique de l´Eglise ». A cet égard, la formule analysée dans le chapitre 4 est significative. Maxime mentionne fréquemment « les natures, desquelles et en lesquelles est le Christ », et « ce que les natures comportent, à savoir la volonté et l´opération » : non seulement Maxime énonce l´identité de l´hypostase du Fils à sa nature ou ousie divine (selon la doctrine trinitaire du IVe siècle), mais encore il affirme l´identité de la seule et même hypostase du Fils à sa nature humaine comprenant volonté et opération. Comment l´auteur nous introduit-il dans la pensée de Maxime ? Son commentaire se déploie à trois niveaux, qui se compénétrent tout en demeurant distincts : la lecture du texte dans sa littéralité, sa reprise dans la tradition dogmatique, la mise en évidence de son actualité. Cette option de méthode retiendra l´attention de quiconque étudie la confession de foi de l´Eglise.

  • Le présent volume constitue les Actes du LXIe colloque international d'Études Humanistes, organisé à Tours du 2 au 5 juillet 2018 au Centre d'études supérieures de la Renaissance (CESR). Il s'ouvre sur un Hommage à Christophe Plantin, célèbre imprimeur de la Renaissance né dans la région de Tours dont notre groupe de recherche et cette collection portent le nom. Dans la lignée des travaux sur le transfert des savoirs qui s'est accompli de l'Antiquité à la Renaissance, le livre s'interroge sur la façon dont les femmes illustres de l'Antiquité grecque ont été perçues et réinterprétées du XIVe siècle à la fin du XVIe siècle. Divisé en quatre chapitres, l'ouvrage s'organise autour de quatre questions : quel a été le rôle de Boccace dans l'intérêt porté aux femmes grecques antiques ? Dans quelle mesure les figures mythologiques et les constructions allégoriques ont-elles été un instrument de moralisation et de christianisation de l'héritage païen ? Comment les grandes figures poétiques comme Sappho et les personnages issus des tragédies et romans grecs ont-ils été accueillis et transformés à la Renaissance ? En quoi ces femmes grecques antiques entrent-elles en résonance avec les réflexions menées à la même époque sur le rôle et la place de la femme dans la société ? Dans une perspective résolument transversale, cet ouvrage associe analyses philologiques et littéraires, études iconographiques, recherches historiques et philosophiques.

    Les auteurs :
    Georgios Arabatzis, Renzo Bragantini, Davide Canfora, Sergio Cappello, Diane Cuny, Anne Debrosse, Pierre Delsaerdt, Sabrina Ferrara, Paul Hoftijzer, Virginie Leroux, Maria Maslanka-Soro, Franziska Meier, Bruno Méniel, Bernard Pouderon, Giulia Puma, Maria Teresa Ricci, Massimo Scandola, Antonio Sotgiu, Richard Trachsler, Massimiliano Traversino Di Cristo, Jean-Jacques Vincensini, Paolo Viti, Claudia Zudini

  • La foi est un héritage des apôtres, transmis par leurs successeurs dans l'Église, et dont le contenu doit être sauvegardé intègre. Le devoir, devant cette tradition de la foi, fait dire à saint Maxime :
    « Avant tout et pour tout, soyons sobres et vigilants, surveillant les attaques des voleurs, afin que nous ne soyons pas dépouillés par eux; gardons surtout le grand et le premier remède de notre salut, je veux dire l'excellent héritage de la foi, la confessant ouvertement dans le corps et dans l'âme, comme les Pères nous ont instruits » (Lettre 12, PG 91, 4651).
    Cette exhortation constitue le principe sur lequel saint Maxime base toute son attitude face aux dangers des attaques hérétiques contre la foi.
    Prévoit-il de manière prophétique son cheminement vers la confession de la foi ?
    Vasilios Karayiannis, né à Chypre en 1948, a fait des études de théologie à Athènes et a reçu le titre de Docteur de Théologie à l'Université de Fribourg (Suisse). Après avoir travaillé plusieurs années au Centre Orthodoxe du Patriarcat Eocuménique à Genève et occupé la charge de Vicaire Général à l'Archevêché Orthodoxe de Suisse, il dirige le Bureau des Affaires Inter-Ecclésiales de l'Église de Chypre, tout en étant chargé de cours au séminaire de Nicosie.

  • L'un des plus grands mythes de notre littérature trouve son origine historique dans un personnage fantasque, mi-charlatan, mi-homme de science et de culture, le docteur Faust de Kundling. Mais les développements littéraires qui ont suivi sa mort singulière se sont appuyés sur différentes figures qui appartiennent au fonds commun de notre culture occidentale. Au premier rang d'entre elles, celle de Simon le Magicien, connue à travers les Actes des apôtres, la tradition hérésiologique (Justin, Irénée), et surtout le Roman pseudo-clémentin. C'est en effet dans cet ouvrage que l'auteur du premier récit sur Faust, le Faustbuch (1587), a puisé nombre des traits qu'il attribue à son anti-héros : le nom même de Faustus (bien attesté par ailleurs comme patronyme du magicien), les pratiques magiques et l'asservissement au démon, mais aussi la présence à ses côtés d'Hélène de Troie, la compagne de Simon. Cette confusion permit à l'auteur une nouvelle assimilation, celle de Faust avec le pape Alexandre VI Borgia, coupable de « simonie ». L'ouvrage retrace ce parcours littéraire, depuis les Actes des apôtres jusqu'au Faustbuch et quelques-uns des auteurs qui s'en sont inspirés (Marlowe, Goethe, Flaubert, Anatole France).

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