Tallandier

  • « Fouché, bien sûr, ne m'était pas un inconnu. Fouché de Nantes, le bourgeois impécunieux, le petit professeur en soutane des collèges de l'Oratoire, Fouché le conventionnel, le tueur de roi, le proconsul de Nevers et de Moulins, le mitrailleur de Lyon, le tombeur de Robespierre et le cauchemar de Napoléon, le ministre de tous les régimes, l'inventeur de la police moderne, le bâtisseur d'État, le théoricien et l'homme d'action, l'aventurier, le conspirateur et le parvenu. Assurément l'un des hommes les plus puissants de son époque, en tout cas l'un des plus étonnants. Rares sont ceux qui inventèrent de nouvelles règles du jeu sans attendre la fin de la partie. Fouché a été de ceux-là. » Emmanuel de Waresquiel fouille jusque dans ses moindres recoins la vie d'un homme aussi dissimulé que contradictoire. À l'aide de larges fonds d'archives - dont beaucoup sont inédits -, il dessine le portrait brillant d'un incroyable personnage jusqu'ici incompris et desservi par sa légende noire. Il nous donne ce faisant un Fouché d'une surprenante actualité.

  • Fantastique destinée que celle de Justinien (483-565), né Petrus Sabbatius dans une famille de paysans illyriens et qui a épousé une actrice, Théodora, fille d'un montreur d'ours. Il fut l'une des principales figures de l'Antiquité tardive.
    Que ce soit sur le plan du régime législatif, de l'expansion des frontières de l'Empire ou de la politique religieuse, il a laissé une oeuvre considérable. Son rêve fut de fonder un empire chrétien universel.
    Le règne de Justinien fut marqué par l'ambitieux projet de « restauration de l'empire », partiellement accompli. Il réussit à reconquérir l'Italie, la Corse, la Sardaigne, la province d'Afrique, une partie de l'Espagne et de la Yougoslavie. Son héritage eut encore plus de résonance sous l'aspect de l'uniformisation du droit romain, le Corpus Iuris Civilis, qui est encore la base du droit civil dans de nombreux États modernes.
    Son règne fut aussi marqué par l'épanouissement de l'art byzantin : son programme de construction nous a laissé plusieurs chefs-d'oeuvre architecturaux, en particulier la basilique Sainte-Sophie.
    Il est considéré comme saint par l'Église orthodoxe.

  • Créatrice d'Hercule Poirot et de Miss Marple, Agatha Christie est l'auteure de langue anglaise la plus vendue après Shakespeare. Pianiste, soprano, infirmière, globe-trotteuse, championne de surf, épouse modèle passionnément amoureuse de ses deux maris et mère d'une fille, la « duchesse de la Mort » a eu mille vies.
    4 décembre 1926. La voiture d'Agatha Christie, 36 ans et déjà star du roman policier, est retrouvée près de l'étang de Silent Pool. La police s'interroge : qu'est-il arrivé à sa célèbre propriétaire ? S'agit-il d'une fugue, d'un accident, d'une mise en scène géniale comme elle sait si bien en imaginer ? Béatrix de l'Aulnoit fait toute la lumière sur cette énigme qui fit la une de la presse durant onze jours et passionne toujours ses millions de lecteurs.
    Libre, indépendante, aventurière, Agatha Christie adorait autant vivre en Angleterre qu'au Moyen-Orient. Elle a publié soixante-six romans, quatorze recueils de nouvelles et a également connu la gloire comme auteure de théâtre. Toujours à l'affiche, sa pièce La Souricière bat tous les records de longévité. Et pourtant, elle ne s'est jamais considérée comme un « écrivain ».
    De Londres à Bagdad, c'est la vie trépidante et romanesque de cette Anglaise à l'humour indémodable que cette biographie nous fait découvrir.

  • Il est rare qu'une troupe de choc porte le nom d'un banquier, mais cela arrive. Le "commando Kieffer", par exemple. Ces 177 Français, on le sait, furent les premiers et les seuls Français à débarquer en Normandie le 6 juin 1944 au sein d'un bataillon de fusiliers marins commandos Britanniques. Ce que l'on sait moins, c'est d'où venait cet homme qui donna son nom à ce groupe de combattants célébrés comme des héros, le capitaine de corvette Philippe Kieffer. Les recherches de Stéphane Simonnet jettent une lumière étonnante sur le parcours de ce compagnon de la Libération : un banquier d'affaires quadragénaire, divorcé, sans expérience militaire et même considéré un temps comme insoumis !

    S'agissant des seuls Français engagés dans les opérations terrestres du D-Day, Le Commando Kieffer tient une place toute particulière dans la mémoire collective nationale, notamment lors des grandes cérémonies commémoratives. Stéphane Simmonet lève le voile sur l'étonnant commandant Kieffer, devenu " Chef " de guerre improvisé, et le résultat de ses recherches ne collent pas toujours à la légende entretenue notamment dans son livre Béret vert, paru en 1948. Il nous livre enfin la véritable histoire de cet étonnant personnage qui a fait des dizaines de métiers. Comment cet homme d'affaires, qui n'a pas combattu lors de la Première Guerre mondiale, s'est-il retrouvé à la tête de ce commando qui débarque sur les plages normandes le 6 juin 1944 ? Car sans lui, le commando n'aurait jamais vu le jour. Il invente, recrute les hommes, les forme.

  • Une plongée dans les questions disputées sur Padre Pio un des saints le plus populaires du XX e siècle.

    Cet homme est sans doute un des saints les plus vénérés du XX e siècle (avec mère Teresa ou Jean-Paul II) et pourtant il n'a cessé de poser questions à ceux qui, dans l'Église ou en dehors, doutaient de la véracité de ce que l'on rapportait de lui. Stigmates, phénomènes de bilocation, « transverbération », mais aussi les incroyables files d'attente devant son confessionnal, l'enthousiasme débordant, voire inquiétant, des femmes qui le côtoyaient ! Dossier après dossier, après une brève présentation de la vie du saint, Yves Chiron mène l'enquête dans toutes les directions : quels furent ses liens avec le fascisme? Pourquoi fut-il persécuté par le Saint-Office? Jean XXIII le désavoua-t-il?
    Avec une précision redoutable, Yves Chiron renvoie à leurs imprécisions ceux qui obstinément et contre les données les plus récentes en notre possession font un procès au capucin de Pietrelcina. Mais, en creux, il livre aussi une extraordinaire analyse du fonctionnement de l'institution de l'Église catholique qui n'a pas toujoursété tendre avec un de ses figures les plus marquantes!

  • La biographie de Fouché a connu un tel succès et a provoqué chez certains lecteurs une telle passion que l'auteur ne peut se résoudre à clore le dossier.

    Depuis la parution du livre, on lui a fait parvenir de nombreuses pièces d'archives totalement inconnues, on l'a sollicité d'intervenir.
    Sa connaissance de l'homme et du contexte s'est en trois ans enrichie encore et affinée.
    En neuf chapitres consacrés à des questions de grande importance (par exemple Fouché et l'amnistie des émigrés, les fonds secrets, la disgrâce du ministre de la Police), des faits nouveaux et des analyses historiques nouvelles permettent d'approfondir la vision que l'on peut se faire du personnage et des événements.
    On retrouvera dans ce livre toutes les qualités des précédents : une écriture vivante et chaleureuse, une érudition sans faille, une approche très sûre des passions humaines, une ironie sous-jacente qui parle à l'intelligence... De la belle ouvrage.

  • Josué a-t-il vraiment existé ? Héros de la Bible, il a été désigné par Dieu lui-même pour conquérir le pays de Canaan et y installer les tribus d'Israël. Premier conquérant de la Terre sainte, injustement resté dans l'ombre d'Abraham et de Moïse, il est au cour de l'identité juive. Fidèle serviteur de Moïse, chef de guerre et prophète, Josué demeurait jusqu'à présent ignoré, voire méprisé. Pourtant, pour faire le don d'une terre à la descendance d'Abraham, Dieu lui attribue la plus lourde des charges : s'emparer du pays de Canaan afin que les douze tribus y observent la Torah. La mission de Josué est fondamentale dans la construction du judaïsme et un livre entier de la Bible relate son épopée : l'effondrement des murailles de Jéricho au son des trompettes, la course arrêtée du soleil pour remporter la victoire, la destruction totale des peuples cananéens selon le commandement divin. En confrontant histoire et tradition, Stéphane Encel écrit la première biographie de Josué et étudie le livre dont il porte le nom. Avec rigueur et passion, il met en lumière l'incroyable destin de ce prophète et retrace la naissance d'une terre si âprement disputée aujourd'hui.

    Historien des religions et professeur à la Paris School of Business, Stéphane Encel est spécialiste de l'histoire du judaïsme. Il a notamment publié Histoire et religions : l'impossible dialogue(2006), Les Hébreux (2009) et Tuer pour Dieu(2013).

  • Précepteur et éminence grise du régent Philippe d'Orléans, secrétaire d'État des Affaires étrangères, archevêque de Cambrai, Premier ministre de Louis XV, le cardinal Dubois (1656-1723) est le génie politique de la Régence. Pourtant, le personnage peine à être reconnu. Présenté comme un ambitieux machiavélique, raillé pour ses escapades amoureuses et vilipendé pour son impiété, Dubois apparaît comme un libertin sans vergogne. Machiavélique et ambitieux, Dubois le fut assurément, sinon comment aurait-il pu réussir le tour de force de devenir cardinal et Premier ministre de Louis XV, lui, le modeste fils d'un apothicaire de Brive ? Dubois est surtout le plus grand stratège politique de son temps. En réussissant à imposer l'alliance avec l'ennemi de toujours, l'Angleterre, il devient le principal architecte de la paix européenne. Sur le plan intérieur, en tant que Premier ministre, digne héritier de Richelieu et de Mazarin, il réussit à apaiser les divisions qui ont gangrené le royaume durant la sombre fin de règne de Louis XIV. Audacieux, curieux et toujours prêt à tenter des nouvelles réformes, Dubois marque de son empreinte son époque, à l'aube du siècle des Lumières. C'est cette trajectoire fulgurante qu'Alexandre Dupilet retrace dans cette biographie d'un personnage au destin hors du commun.

  • « Au revoir, les enfants. » Ces paroles, immortalisées par le ­ film de Louis Malle, sont les dernières que le père Jacques, directeur du Petit Collège d'Avon, adressa à ses élèves. Arrêté par la Gestapo le 15 janvier 1944 pour actes de résistance, il est déporté à Mauthausen. « Juste parmi les Nations », son procès de béati­fication est en cours.
    Lucien Bunel entre au petit séminaire de Rouen à l'âge de douze ans. Ordonné prêtre en 1925, il intègre l'ordre des Carmes à Lille six ans plus tard, où il devient le père Jacques de Jésus. Épris d'absolu et de vérité, pédagogue et éducateur hors pair, il fonde et dirige à partir de 1934 le Petit Collège d'Avon, près de Fontainebleau. Pendant l'Occupation, membre d'un réseau de résistance, il cache de nombreux proscrits, dont des enfants juifs, avant d'être déporté au camp de Mauthausen, et de mourir d'épuisement peu de temps après sa libération.
    « L'enfant est devenu prêtre, le prêtre s'est fait carme et le carme s'est transformé en résistant. » En le suivant dans son milieu familial, puis au séminaire et dans ses premiers apostolats, de l'ambiance feutrée du couvent à l'horreur des prisons et des camps, Alexis Neviaski, avec beaucoup de finesse et de compréhension, fait revivre cette grande figure religieuse et de la Résistance.
    Le père Jacques est celui que le poète Jean Cayrol, l'un de ses compagnons d'infortune à Mauthausen, célébra par ces vers : « Père Jacques, tu es le feu qui va nous éclairer le visage encore obscur de Dieu. » Une leçon d'humanité, de courage et d'espoir.

  • Thomas More

    Bernard Cottret

    Après avoir été le biographe de Calvin, Henry VIII, Cromwell, Elisabeth 1er d'Angleterre et Karl Marx, Bernard Cottret nous dresse le passionnant portrait du grand humaniste Thomas More. Juriste, avocat, historien, philosophe, théologien, grand ami d'Erasme, érudit, philanthrope, et surtout grand Homme d'Etat, Thomas More a pleinement participé au renouveau de la pensée qui a caractérisé cette époque, ainsi qu'à l'humanisme dont il a été le plus illustre représentant anglais. Mais c'est aussi l'histoire d'un destin tragique intimement lié à l'histoire de l'Angleterre. Dans cette biographie enlevée, Bernard Cottret explore minutieusement les mille facettes de ce personnage complexe.

    En effet, après s'être opposé en 1507 à Henry VII dont il dénonce les exactions, Thomas More connaît une carrière politique brillante grâce à Henry VIII et devient ambassadeur puis grand chancelier. Il écrira d'ailleurs sa première grande oeuvre, Utopia, en 1516 lors d'une mission diplomatique. Catholique fervent (il a longuement hésité entre la vie politique et ecclésiastique), il combat les idées luthériennes et le protestantisme. Il perd d'ailleurs l'amitié du roi en refusant de se joindre à la requête transmise au pape pour lui demander d'annuler le mariage entre Henry et Catherine d'Aragon. Il démissionne mais son choix l'année suivante de refuserd'assister au couronnement d'Anne Boleyn est mal interprété. Puis son refus de jurer allégeance à l'Acte de succession du Parlement en raison d'une préface antipapale lui vaut d'être emprisonné et accusé de haute trahison. Il est condamné à être pendu, traîné et éviscéré, peine que le roi commuera en décapitation.

  • Londres, mars 1908 : Clementine Hozier et Winston Churchill se rencontrent à un dîner où ni l'un ni l'autre ne voulaient se rendre. Leur coup foudre est à l'origine d'un étonnant roman d'amour qui va durer près de soixante ans. Ensemble, ils ont eu cinq enfants.
    Alors que les femmes de chefs d'État ont tant de mal à trouver la mesure entre effacement et influence, dès le jour de son mariage, à 23 ans, Clementine tient sa juste place. Elle restera toujours incroyablement fidèle à ses convictions, ses certitudes, ses ambitions.
    De la légende Churchill, elle a connu tous les secrets, les ombres, les vérités derrière le mythe. Tout ce que l'histoire ne saura jamais et qu'elle a voulu cacher. Parce que dès le premier jour, imperturbable et fière, elle n'a cessé de croire en lui.
    Pour vivre avec ce monstre sacré de la politique, il fallait un tempérament d'acier. Fruit d'une longue enquête, cette biographie trace le portrait d'une femme ardente dont le destin exceptionnel se confond avec l'histoire tragique du xxe siècle.

  • La conversion de Constantin au christianisme est un moment décisif, tant pour l'histoire de la Chrétienté occidentale et de Byzance, que pour celle de l'Empire romain. Sa victoire sur Maxence, le 28 octobre 312 au pont Milvius, est restée célèbre puisque c'est à la veille de la bataille que Constantin aurait vu une croix lumineuse. Les conséquences sont immenses et l'Empire donne ainsi à l'église chrétienne une position officielle. En 352 sera réuni, à son initiative, le premier concile oecuménique pour mettre un terme à l'hérésie arienne qui déchirait l'Eglise. Cet empereur au long règne (306-337), maître tout-puissant de l'Empire après plusieurs guerres contre ses rivaux, rétablit la monarchie héréditaire. Homme politique d'exception, Constantin est aussi un grand bâtisseur. Constantinople, la ville qui porte son nom, sera pour onze siècles la capitale politique, culturelle et artistique de l'Empire romain d'Orient, le centre d'une brillante civilisation. A sa mort, après avoir favorisé de nombreuses réformes politiques, monétaires et fiscales, sociales et religieuses, Constantin laisse derrière lui un empire pacifié.

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