Entreprise, économie & droit

  • Un peu partout, on enregistre une aggravaon de la fragilité relaonnelle et émove des employés et les dirigeants des entreprises, surtout des grandes à dimension mondiale, souffrent de plus en plus d'anxiété, de dépression, de stress, d'insomnie.
    On trouve à la racine de ce nouveau mal-être au travail un véritable paradoxe. D'un côté, on interdit aux salariés l'usage de langages et émoons de la vie privée - on doit laisser à la porte des paroles comme don, reconnaissance, amié, pardon, gratuité, au mof qu'elles seraient inefficientes, et surtout dangereuses.
    D'un autre côté, pour séleconner et mover leurs managers, ces entreprises emploient les paroles mêmes des milieux familiaux, des relaons d'amié, d'idéal, éthiques, spirituelles. On parle d'esme, de mérite, de respect, de passion, de loyauté, de fidélité, de reconnaissance, de communauté, paroles et codes qui suscitent les mêmes dynamiques apprises et praquées dans la vie privée et familiale.
    Le grand danger des organisaons modernes du capitalisme se cache dans leur usage de registres symboliques et movaonnels similaires à ceux de la foi dans le passé, mais - là est le problème - en les dénaturant et en les redimensionnant radicalement.
    Si on les instrumentalise, les grandes paroles de la vie ne portent pas de fruit. Elles ont besoin de grands espaces, d'être accueillies dans leur complexité, et surtout leur ambivalence, qui fait qu'elles sont vivantes, vraies, capables de générer.

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