Cerf

  • Ou apocryphe.
    Elle s'inscrit dans une vision de la théologie de l'histoire et adopte donc un plan correspondant aux étapes du plan divin de salut, depuis le Dieu inconnu et son entreprise créatrice jusqu'à l'accomplissement final du cosmos et de l'humanité, en passant par l'action de l'Esprit dans le temps et l'incarnation du Verbe en Jésus.
    L'enjeu est cosmique, mais surtout anthropologique :
    Il s'agit de comprendre quel salut est apporté par quel Sauveur.
    A chaque étape, les auteurs chrétiens, qu'ils soient gnostiques ou "orthodoxes", sont mis en relation et inaugurent sous les yeux du lecteur une discussion féconde qui éclaire les passages scripturaires, objets de cette confrontation. Il en résulte une vision d'ensemble à la fois simple et riche, qui renouvelle en grande partie la représentation reçue du christianisme primitif et de son rapport au texte biblique.
    Les versets de l'Ecriture ainsi commentés apparaissent sous un jour inédit, représentatif de leur toute première réception dans les communautés chrétiennes. Se dessine alors un christianisme pluriel, traversé de tensions, mais non éclaté, car partageant les mêmes problématiques.

  • Ou apocryphe.
    Elle s'inscrit dans une vision de la théologie de l'histoire et adopte donc un plan correspondant aux étapes du plan divin de salut, depuis le Dieu inconnu et son entreprise créatrice jusqu'à l'accomplissement final du cosmos et de l'humanité, en passant par l'action de l'Esprit dans le temps et l'incarnation du Verbe en Jésus.
    L'enjeu est cosmique, mais surtout anthropologique :
    Il s'agit de comprendre quel salut est apporté par quel Sauveur.
    A chaque étape, les auteurs chrétiens, qu'ils soient gnostiques ou "orthodoxes", sont mis en relation et inaugurent sous les yeux du lecteur une discussion féconde qui éclaire les passages scripturaires, objets de cette confrontation. Il en résulte une vision d'ensemble à la fois simple et riche, qui renouvelle en grande partie la représentation reçue du christianisme primitif et de son rapport au texte biblique.
    Les versets de l'Ecriture ainsi commentés apparaissent sous un jour inédit, représentatif de leur toute première réception dans les communautés chrétiennes. Se dessine alors un christianisme pluriel, traversé de tensions, mais non éclaté, car partageant les mêmes problématiques.

  • Penseur engagé dans son temps, Nicolas Berdiaev (1874-1948) ne cessa jamais d'affirmer sa foi en la liberté et la dignité de l'esprit humain. Il professait « un christianisme de liberté et de création, non d'autorité et de tradition » et prônait une conception mystique de l'Église.

    Dans les textes rassemblés ici, Berdiaev réfléchit à des questions philosophiques et religieuses qui, en plus de toucher au coeur de son oeuvre, demeurent d'une actualité brûlante : la signification de la liberté religieuse et de la liberté au sein de l'Église, la justification de Dieu face à l'immensité du mal et des souffrances humaines, l'importance du dévoilement de la nature créatrice de l'homme, qu'il oppose à la recherche du salut pour soi seul. Il s'interroge sur les défis posés par l'athéisme au chrétien désireux de défendre sa foi, mais honteux des abus commis au nom du christianisme à travers l'histoire, et explique pourquoi l'on devrait juger le christianisme à l'aune de ses préceptes, et non du comportement des chrétiens ou des errements de l'Église historique.

    Quatre des cinq articles réunis ici sont inédits en français ; le cinquième n'est paru que dans les années 1930. Écrits à des moments cruciaux de l'existence de Berdiaev - peu après sa conversion, à la suite de son départ de Russie soviétique en 1922 et dans les premières années de son exil en France -, ces essais donnent à voir les idées-forces de sa conception du christianisme. L'introduction vise à situer l'oeuvre dans sa vie. Grâce à des sources inédites et souvent méconnues de ses biographes, en particulier le journal intime de sa femme et des articles difficiles d'accès, elle retrace le parcours spirituel de Berdiaev et expose son rapport à l'Église orthodoxe et ses compagnonnages intellectuels.

  • Guerric d'Igny (1070/1085 ?-1157), abbé cistercien de Notre-Dame d'Igny en Champagne, rédigea pour ses moines cinquante-quatre sermons pour l'année liturgique, de l'Avent à la Toussaint.
    Son recueil transmis à la postérité avec les sermons de Bernard de Clairvaux connut, de ce fait, une large diffusion perceptible jusque dans les écrits de certains réformateurs du XVIe siècle. Pourtant, le recueil de Guerric comporte des incohérences et des audaces : l'abbé a sans doute souhaité léguer à ses frères, en filigrane, la relation de son expérience de Dieu. L'étude systématique du recueil en montre alors la cohérence interne : s'appuyant sur la tradition reçue de Bernard de Clairvaux, Guerric dévoile à ses frères comment " le Christ se forme en eux ", comment le Christ-Parole s'enracine dans leur coeur comme un embryon, se développe comme un foetus, comment il participe à la Cène avec sa mère-moine, comment, enfin, il s'épanouit en parole annoncée aux frères dans la délivrance de l'accouchement.
    L'attention à la solitude et au silence cisterciens permet d'éviter fausse couche et naissance prématurée, avec l'aide de Marie qui, dans ce processus, aide le moine à enfanter, favorisant la parturience du Verbe. L'ancien écolâtre de Tournai devenu disciple de Bernard de Clairvaux traduit son expérience d'enfantement du Christ avec une grande maîtrise théologique et réinterprète avec originalité le thème patristique de la maternité du chrétien.

  • Fallait-il éditer ce gros ouvrage d'un auteur mort vers 367 ? Fallait-il en établir le texte à travers la masse des manuscrits attestant certes son succès, mais ancien ? Fallait-il - travail d'une équipe internationale de dix années - joindre à ce latin un français digne de lui, en l'introduisant, l'annotant, l'indexant ? Fallait-il oser un livre de référence ? Oui, car, contrecarrant la puissante dérive d'Arius, qui déjà déniait au Verbe incarné d'être égal au Père, Hilaire a été en Occident le meilleur artisan de l'expression trinitaire de la foi déjà proclamée dans le Nouveau Testament. Oui, car les circonstances actuelles de la mondialisation des religions, entremêlée à une incertitude sécularisée sur ce que Dieu peut apporter à l'homme, rendent pleinement actuelle une clarification rigoureuse et attrayante de l'originalité du Dieu trinitaire des chrétiens. Ce volume est donc une plongée dans le combat du lutteur de la Trinité. Quelle force dans son affirmation persévérante que le Fils est égal au Père, parce que, tout simplement si l'on peut dire, un père qui n'engendre pas un fils égal à lui n'est pas un père ! De plus, il fonde cette constatation : connaître la divinité trinitaire avec la ténacité intellectuelle et religieuse d'Hilaire est, au troisième millénaire après Jésus-Christ, une aventure d'intelligence toujours aussi exaltante. L'homme s'y grandit.

  • Etudiée intensément pour la période qui va du XIIe au XVe siècle, la prédication est plus délaissée pour l'époque moderne.
    Indifférence paradoxale : les grands réformateurs, tels que Luther ou Calvin, ont été non seulement des auteurs lus, mais aussi des prédicateurs écoutés ; fille de l'imprimerie, la Réformation l'est tout autant de la prédication. Moyen privilégié pour exprimer les idées nouvelles, l'éloquence de la chaire devint rapidement - et durablement - l'un des principaux vecteurs des controverses religieuses.
    Dans une perspective interdisciplinaire et interconfessionnelle, ce volume collectif explore, du XVe au XVIIe siècle, les permanences et les mutations de la prédication dans quatre des principaux domaines du champ d'étude de l'homilétique : les sources, les formes, les thèmes et la réception.

  • Le volume est une entrée dans l'intelligence de la doctrine eckhartienne en référence à un texte privilégié du maître rhénan : le Commentaire du livre de l'Exode.
    A partir de la parole immémoriale " Je suis celui qui suis ", dans le croisement des langages (métaphysique, théologique, mystique) se déchiffre l'expérience du Dieu vivant, le Dieu trinitaire du christianisme, celui où s'origine la vie absolue. L'homme, en son âme, fait l'expérience de cette vie par son rapport au Christ, Verbe incarné en qui se conjuguent l'humain et le divin. Il n'est de vraie vie que dans la vie absolue de Dieu.
    La mystique eckhartienne est une mystique de l'éternité qui saisit et transfigure le présent.

  • Le second concile du Vatican a reconnu la variété et la richesse du patrimoine liturgique de l'Église.
    Il a fait plus : il s'est engagé non seulement à le protéger mais encore à le développer. Les conseillers liturgiques de Charlemagne n'avaient pas les mêmes dispositions qui ont, en leur temps, prescrit la suppression des usages locaux au profit des pratiques romaines. Il est de la sorte devenu très difficile, sinon impossible, de se faire une idée des pratiques et usages en cours avant l'époque carolingienne, notamment pour la liturgie eucharistique, pièce centrale du culte chrétien.
    C'est précisément ce sujet qui a retenu Matthieu Smyth. Il ne s'est pas laissé arrêter par la difficulté de la tâche. Il s'est livré à une investigation patiente et systématique de la documentation disponible pour trouver des traces des usages liturgiques antérieurs à la réforme carolingienne. À la manière des archéologues, il a tenté de rassembler l'immense puzzle des pièces rescapées. Il s'est mis en quête de tous les vestiges, remplois et traces des documents recherchés, jusqu'à examiner les moindres indices.
    Il a identifié, classé, étiqueté, pour ouvrir la voie aux essais de reconstitution. Le livre de Matthieu Smyth est un magnifique témoignage rendu à la féconde créativité des anciennes Églises locales. Modeste comme on l'est toujours devant des sources trop peu nombreuses et difficiles à interpréter, l'auteur donne à son enthousiasme la forme de la rigueur. Il livre finalement au lecteur une masse documentaire vérifiée et ordonnée, propre à le faire entrer plus avant dans le génie du christianisme.
    C'est au prix d'efforts de cette envergure que des liturgies telles que celles de l'Église de Milan ou de Tolède vivent encore aujourd'hui. Une authentique créativité liturgique - celle que l'on aspire à voir s'exprimer pour aujourd'hui dans les communautés de tous horizons - a besoin d'une non moins authentique culture et mémoire de l'apport des siècles passés. Le livre de Matthieu Smyth s'impose comme une contribution exemplaire à ce travail de culture et de mémoire.

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