Belles Lettres

  • L'originalité de cet ouvrage tient en trois caractères :
    - le texte des actes du procès de Rouen est intégral, vérifié aux meilleures sources, complété quand c'est nécessaire par les dépositions du procès d'annulation ;
    - l'auteur conduit le lecteur dans la salle d'audience et, fort de son expérience d'avocat de causes criminelles et politiques, lui explique le déroulement de l'affaire, la stratégie des juges et celle de Jeanne ;
    - au fil du déroulement des séances du procès, le lecteur fait vraiment connaissance avec Jeanne. L'accusée lui apparait dans toute sa vivacité, son charme, son audace et aussi, ses faiblesses ; la beauté de la langue qu'elle emploie, la précision de sa mémoire et la profondeur, théologique, voire mystique, de ses réponses la font vivre aujourd'hui aussi présente qu'il y a presque six cents ans.
    Dans un « envoi » en forme de conclusion, l'ouvrage dessine les traits intemporels de Jeanne, aussi actuels aujourd'hui qu'en son temps.
    Les questions que ses juges lui posent sont celles que son histoire nous inspire encore. Jour après jour, Jeanne se fait plus présente à nous et, dégagée de toutes les controverses, caricatures ou raideurs hagiographiques, elle vient à notre rencontre, encore plus jeune et plus entrainante que nous l'imaginions.
    Sainte-Beuve disait que toute famille française devait avoir dans sa bibliothèque la Bible et Les fables de La Fontaine. Il faut y ajouter, comme livre indispensable à la compréhension de notre histoire et de notre être, le procès de Jeanne d'Arc.

  • Le christianisme a-t-il été une menace pour la culture gréco-romaine ? Au-delà de ce questionnement, ce livre engage une réflexion sur le rapport du christianisme naissant avec l'idée même de culture, telle qu'elle existait avant le christianisme et telle qu'elle s'est modifiée par la suite. En passant en revue chacune des disciplines du septénaire constituant les arts libéraux, c'est-à-dire le socle culturel de tout lettré que les Grecs nomment egkuklios paidéia (grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie), ce livre montre que, si la culture grecque suscite des oppositions - elle apparaît souvent comme l'expression du polythéisme ou des prétentions des Grecs à atteindre le savoir sans Dieu -, elle peut aussi être défendue par les chrétiens en tant qu'elle forme l'esprit et le rend capable de comprendre les données de la foi. Les auteurs patristiques reprennent ainsi à leur compte une conception ancillaire de la culture qui avait déjà cours dans certains courants philosophiques grecs, mais qui suppose un tri : la culture peut servir d'introduction à la foi, à condition qu'on n'en prenne que ce qui est bon.
    Mais au-delà de cette réflexion qui vise à déterminer ce qui, de la culture, doit être sauvé ou rejeté, les auteurs chrétiens tendent à présenter la doctrine chrétienne comme une culture à part entière, et dissocient pour la première fois dans l'histoire la notion de culture de celle d'hellénisme. Paradoxalement peut-être, ils donnent ainsi corps à une idée de culture globale dont christianisme et hellénisme n'apparaissent en définitive que comme deux composantes possibles. La réflexion des auteurs chrétiens aboutit donc à la fois à une relativisation du concept de culture - passage de la culture, forcément grecque, aux cultures, la grecque et les barbares - et à son extension - passage de telle ou telle culture à la culture en général : devient « culture » tout ce qui contribue à nourrir l'esprit, qu'il soit grec ou non. Le christianisme, à l'issue de cette étude, n'apparaît plus tant comme un obstacle à la transmission de l'idéal grec et romain de culture que comme un vecteur essentiel dans la façon dont la notion de culture s'est frayée un chemin jusque dans la Modernité.

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