Belles Lettres

  • Rédigé à Narbonne vers 1293-1295, le Traité des contrats du grand théologien franciscain Pierre de Jean Olivi est le pionnier d'un genre appelé à un large développement. Tirant les conséquences de règles et de notions élaborées par les traditions juridiques, théologiques et philosophiques du treizième siècle, Olivi aborde le champ des relations économiques dans sa globalité, du point de vue d'une théologie morale attentive à la liberté des acteurs et respectueuse de la capacité normative des communautés politiques.
    Par la vigueur et l'acuité de ses analyses, l'ouvrage mérite d'être considéré comme un moment d'origine de l'histoire de la pensée économique occidentale. Ses réflexions sur les déterminants de la valeur des biens et services ou sur le profit futur d'un "capital" investi dans des opérations commerciales ont fourni la trame des discussions ultérieures.
    Découvert dans les années 1970, le texte d'Olivi avait suscité des réactions contrastées. Cette nouvelle édition critique, mettant à profit des témoins supplémentaires, résout les principales difficultés qui entravaient la compréhension du Traité. La présentation et les commentaires, qui visent à situer l'ouvrage dans ses différents contextes d'interprétation, permettent d'expliquer un paradoxe apparent: l'un des partisans les plus décidés de la pauvreté franciscaine a en même temps été le penseur le plus perspicace de l'économie médiévale.
    Sylvain Piron est maître de conférences, habilité à diriger des recherches, à l'École des hautes études en sciences sociales (Paris).

  • Richard de Mediavilla, franciscain actif à la fin du XIIIe siècle, est un penseur scolastique fort important et profondément original. Parmi ses 45 questions disputées (décennie 1290), les neuf questions (23 à 31) de ce volume forment un véritable traité de démonologie, genre rare au XIIIe siècle. Le propos de Mediavilla vise surtout le présent du démon et ses modes d'actions sur les hommes. Il est le grand penseur du "tournant démoniaque" des années 1290. Ce texte offre une des origines d'un genre occidental, le "roman de Satan".

  • Ce volume inaugure l'édition bilingue en six tomes des Questions disputées, véritable somme inédite, datant des années 1290. Son auteur, le franciscain Richard de Mediavilla, est un penseur scolastique fort important et profondément original, dont l'oeuvre philosophique et théologique a été influente jusqu'au XVIIe siècle avant de tomber dans un injuste oubli. Ces huit premières questions constituent la partie la plus métaphysique de l'ouvrage. Les cinq premières forment en effet un traité du premier principe, axé sur la question de l'infini, du possible et de l'éternité du monde. Alors que les disputes antithomistes s'apaisaient, ces questions reprenaient de la vivacité avec de nouvelles formulations dans les années 1290. Les questions 6, 7 et 8 ont une forte cohérence : elles constituent un véritable traité de l'individualisation. Le tournant scotiste qui dissocie l'individualisation de la matière doit beaucoup à Mediavilla.

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