Mediaspaul

  • « Apôtre mis à part pour annoncer l'Évangile de Dieu » (Rom 1,1). C'est ainsi que Paul décline son identité. La mission s'inscrit au coeur de sa vie et de sa pensée.
    L'Apôtre est fondamentalement missionnaire, chargé de mission. On a parfois réduit l'apôtre Paul à ses activités de théologien ou d'écrivain, mais il est d'abord un homme d'action, un créateur de communautés, un missionnaire des temps nouveaux. Ni conquistador, ni théologien de bureau, Paul se définit bien comme un chargé de mission et sa mission est le service de l'Évangile.
    Fort de son expérience de missionnaire dans une aire culturelle lointaine de l'univers méditerranéen et occidental, le père Lucien Legrand propose de redécouvrir les fondamentaux de la mission paulinienne et, ce faisant, éclairer, les chemins d'une Église en mission.
    Loin de la vision imaginaire d'un missionnaire itinérant prêchant à tout vent, l'auteur montre que le projet de l'apôtre ne consistait pas seulement à amener les individus à la foi mais, dans une perspective judaïque et communautaire, de rassembler le peuple de la nouvelle Alliance. Cette approche nous ramène aux fondamentaux de la mission. Elle nous aide à sortir des clichés surannés pour nous ouvrir au dynamisme de l'Esprit qui recrée continuellement la mission dans des mondes nouveaux. Paul de Tarse - qui vécut lui aussi dans un monde complexe et agité - peut encore nous enseigner à devenir comme lui « coopérateur de Dieu » (2 Co 6,1) dans cette mission qui est à la fois de tous temps et de tous lieux :
    Rassembler le peuple de Dieu dans des communautés de foi et d'amour, témoins de l'émergence d'un monde nouveau.

  • On fait souvent un faux-procès à l'apôtre Paul en le taxant de misogynie. Dans cet ouvrage, le professeur Michel Quesnel reprend le dossier et fait un inventaire exhaustif des propos de Paul sur les femmes et de ses relations avec elles, tels qu'ils apparaissent dans le Nouveau Testament.
    Ses conclusions sont claires : certes, les lettres authentiques de Paul contiennent sur les femmes des propos que nous n'écririons plus. Mais ils sont conditionnés par la culture ambiante ; et il s'avère surtout que, dans ce domaine, Paul est nettement plus ouvert que beaucoup de ses contemporains.
    Michel Quesnel poursuit son analyse en montrant que, par la suite, des sociétés misogynes ont fait de ses textes des lectures misogynes, déjà dans d'autres livres du Nouveau Testament, puis au cours des siècles suivants. L'auteur examine trois corpus de textes antiques concernant Paul (les épîtres authentiques, les épîtres pseudépigraphes, les Actes sur Paul) et lui rend justice : « A propos de ce qu'il pensait des femmes, l'Apôtre des nations a été victime des préjugés de ses lecteurs pendant une vingtaine de siècles ». Et, en faisant une courte excursion dans Paul après Paul, de le montrer à travers le regard des Pères de l'Église mais aussi dans des traductions récentes du Nouveau Testament. Le sous-titre de l'ouvrage prend alors tout son sens.
    « Puisse ce modeste ouvrage contribuer à lui rendre enfin justice », conclut l'auteur.

  • Avec cet ouvrage, Jacqueline Martin-Bagnaudez poursuit son travail d'historienne sur la personnalité et le contexte dans lequel évoluait l'Apôtre Paul, en s'intéressant au thème du repas dans les écrits de Paul.
    En effet, l'un des marqueurs de la conversion au Christ, c'est le « repas » du Seigneur. En outre la vie sociale fournit de multiples occasions de manger avec tout un chacun. Alors les croyants issus du judaïsme peuvent-ils se mêler à des convives issus du paganisme qui ne respectent pas les lois du Lévitique ? Par ailleurs, même si les croyants savent bien que les dieux du paganisme ne sont rien, ceux qui mangent la viande des victimes offertes en sacrifice ne risquentils pas d'en troubler d'autres ? Des disputes qui vont plus loin qu'une simple observance. Paul a dû batailler, avec des arguments et des succès divers.
    Manger ensemble, oui, quelle affaire !

  • Les réalités pécuniaires ont, depuis les origines, une place quotidienne dans la vie des Églises, qu'il s'agisse de l'entretien de leurs ministres, du financement d'opérations caritatives ou de projets d'évangélisation. Ces activités, on le sait, engendrent des conflits qui montrent combien la dimension éthique et affective apparaît bien vite, avec les reproches d'exploitation, de gaspillage ou d'incompétence dans la gestion des dons reçus. Car, sur le plan caritatif, les sommes recueillies ont le plus souvent leur origine dans la générosité de personnes parfois tiraillées entre, d'une part, le devoir de gratuité, selon l'adage « ce qui est donné est donné » et, d'autre part, la préoccupation légitime de la juste destination des dons.
    Paul a connu ces expériences, partagées à travers le bassin méditerranéen dans lequel il vivait. Or, l'Apôtre, et lui seul dans le Nouveau Testament, se confie sur les problèmes matériels et financiers qu'il rencontre. Si la belle Lettre de Jacques traite avec vigueur les rapports de justice qu'implique l'utilisation de l'argent, Paul, lui, sans négliger les impératifs éthiques, se place cependant sur un autre plan, et selon une politique subtile.
    Ni pour son travail manuel ni pour son rapport à l'argent, l'Apôtre n'invente de nouvelles pratiques ou de nouvelles techniques. Il tient du judaïsme son sens positif du travail mais s'inspire des réseaux de solidarité de l'Empire et du tribut du Temple pour la mise en oeuvre de la grande collecte. Paul se coule donc dans les usages de son époque et de sa culture, dans la mesure où ils correspondent aux orientations de l'Évangile qu'il porte. De ce point de vue, même sans dessein prémédité, il pose les bases de futures doctrines sociales, en s'opposant à des habitudes culturelles qui consacrent ou entretiennent l'égocentrisme, l'avidité et les inégalités. Par ses propres engagements, il témoigne que sans se confronter aux réalités économiques, l'Évangile reste une idéologie ; sans les valeurs évangéliques de gratuité et de réciprocité qui ont pour enseigne lumineuse le mot agapè, les réalités économiques risquent l'asphyxie dans l'huis-clos du donnant-donnant.

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