Françoise Dastur

  • Comment affronter la mort ? Nouv.

    Comment affronter la mort ? Cette question semble se poser de manière particulièrement insistante dans les moments critiques où notre vie se voit mise en danger, mais en réalité elle ne nous quitte pas et nous accompagne de manière plus ou moins patente tout au long de notre existence. Comment ne pas voir en effet dans cette frénésie d'action qui meut tant de nos contemporains une pathétique fuite en avant face à ce qui inéluctablement les attend et dont ils croient ainsi obscurément retarder l'échéance ?
    La mort a pour eux le visage d'un événement à venir, dont les sépare encore une suite indéfinie de jours, et contre lequel il s'agit à tout prix de trouver une parade.
    Nous cachons la mort, minimisant ainsi l'importance des rites funéraires qui rendaient possible le deuil. Nous voulons croire que la technique nous permettra d'en repousser les limites, nous jouons nous-mêmes à défier la marche du temps, ou au contraire à décider de notre propre fin. Pourquoi donc ne pas tenter au contraire d'assumer la mort ? Non pas la subir comme un échec, ou un scandale, mais la vivre comme le fondement même de notre existence ? Non pas nier la peur, voire l'épouvante, qui toujours l'accompagnera, mais regarder la mort comme une capacité de l'homme, nullement incompatible avec la joie d'exister.

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  • La question que Martin Heidegger a posée à l'ensemble de la tradition occidentale est celle du sens de son concept fondamental, celui de l'être.
    En révélant que c'est à partir du temps que nous comprenons l'être, il a montré que la philosophie trouve son origine dans l'existence d'un être qui ne peut plus être compris, comme le veut la philosophie moderne depuis Descartes, comme un sujet centré sur lui-même. La question du temps n'est donc pas pour lui une question philosophique parmi d'autres, mais celle qui seule peut donner accès à ce qui constitue l'humanité comme telle.
    Ce que Martin Heidegger accomplit en posant la question du rapport de l'être et du temps, c'est cette « révolution du mode de penser » que requiert la prise en vue de l'essentielle finitude de l'homme et de l'être. La mise en évidence de l'historialité foncière de la pensée philosophique implique que celle-ci ne puisse plus se définir comme une pure théorie et qu'elle exige un engagement existentiel qui ne la met pas à l'abri de l'erreur.
    C'est uniquement à partir d'une telle conception de la pensée que l'on peut comprendre l'engagement politique de Martin Heidegger, ce qui ne signifie nullement l'excuser.

  • Fondée en 1953 par Jean Hyppolite, la collection "Epiméthée" a été reprise en 1981, par Jean-Luc Marion, Professeur à l'Université de Paris IV-Sorbonne. Cette collection repose sur trois orientations : la traduction des grands textes de la tradition ; la phénoménologie, entendue comme tradition créatrice de la philosophie ; et enfin l'histoire de la philosophie.

  • Depuis la parution des Recherches logiques de Husserl, le terme de «phénoménologie» ne désigne plus une discipline particulière, mais une nouvelle conception de ce que doit être la philosophie. Ce qui a en effet donné à l'entreprise husserlienne sa profonde et durable fécondité, c'est l'idée que le travail philosophique doit être mené en commun et exige le concours de plusieurs penseurs. Mais ce qui unit ceux-ci, c'est moins l'unité d'une doctrine et l'appartenance à une école de pensée que la pratique d'une méthode. Les essais réunis ici sont consacrés à quelques questions fondamentales au sujet desquelles un dialogue a paru se nouer entre certaines des figures les plus éminentes de cette nébuleuse. Langage et logique, le moi et l'autre, emporalité et histoire, finitude et mortalité (Husserl, Heidegger, Lotze, Lévinas, Boss, Merleau-Ponty, Dilthey, Ricoeur, Gadamer, Patocka, Fink).

  • C'est à travers le débat qu'il a engagé très tôt avec Husserl et poursuivi tout au long de son oeuvre avec Heidegger que Derrida est devenu ce penseur de la « déconstruction », mot qui est aujourd'hui généralement associé à son nom bien qu'il ne désigne pas une méthode, un acte ou une opération, mais un « événement » qui affecte tous les domaines philosophique, éthique, politique et esthétique. C'est donc ce débat avec Husserl et Heidegger, les deux penseurs qui furent à l'origine de ce « mouvement phénoménologique », qui constitue aujourd'hui encore le courant majeur de la pensée contemporaine et que les textes de ce volume ont tenté de rendre compte. Ils sont eux-mêmes les traces d'une lecture des textes de Derrida commencée très tôt, dès 1962, avec la parution de son premier livre, et poursuivie jusqu'au milieu des années 1980, période pendant laquelle son débat avec Heidegger s'est vu réanimé.

  • " Pouvons-nous raison garder? " Telle est la question-clé de Dominique Janicaud, auteur de La puissance du rationnel, penseur de ce temps, le nôtre, pour ce temps. Entre l'hyperrationalité de la techno-science et la tentation de l'irrationalité qui en est la contrepartie, Dominique Janicaud a, toute sa vie, tracé un chemin de résistance. Sa démarche prudente mène au site que l'intelligence n'aurait pas dû déserter: celui de notre partage fini. A l'impuissance de la raison, à la " politique en désespérance ", au nihilisme, il oppose " la joie de comprendre ", sans laquelle il n'existe pas de philosophie digne de ce nom. Avec ce penseur à la langue limpide, ses amis poursuivent ici la tradition du dialogue philosophique qui est au coeur de toute son oeuvre. Dominique Janicaud est mort brutalement à Eze, le 18 août 2002, au bord de la mer, à proximité du chemin de Nietzsche.

  • Ces entretiens menés avec Françoise Dastur, fi gure incontournable de la phénoménologie allemande et française, permettront aux non-spécialistes de découvrir l'essentiel de sa pensée, sous une forme inédite, et de manière approfondie. La philosophe nous parle de l'homme, cet « animal pas tout à fait comme les autres », du temps, de fi nitude, d'une manière particulièrement ouverte : loin de se limiter aux références philosophiques occidentales, elle évoque la sagesse indienne, les artistes, les poètes... Et nous fournit l'occasion d'une (re)lecture éclairée de l'histoire de la philosophie, sous l'angle de la phénoménologie. Ces entretiens avec l'un des quatre fondateurs de l'école française de Daseinanalyse constituent une formidable introduction à ce courant de pensée peu connu en France.

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