François Euvé

  • Une vision théologique, dans le sillage de Laudato si´.

  • Soixante ans après sa mort, la réflexion de Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), jésuite, paléonthologue et théologien continue de fasciner et en particulier sa vision d'un « Christ cosmique » qui s'inscrit dans le cadre plus large d'une réflexion sur le salut du monde. Cette question semble faire un certain retour pour deux raisons : le sentiment d'une menace qui pèse sur l'avenir de l'humanité (ou, plus généralement, de la planète) du fait des conséquences de son action ; l'idée que le progrès technique va faire émerger un nouveau type d'humanité plus accompli que celui que nous connaissons aujourd'hui (« transhumanisme »). Parler de « Christ cosmique » a l'avantage de réfléchir sur un salut qui concerne et implique l'ensemble des créatures et non pas la seule humanité. Si l'on veut toutefois rester fidèle à l'héritage biblique, on doit accorder à cette dernière un rôle spécifique. La théologie chrétienne tient que le Dieu Sauveur s'est manifesté dans une personne humaine singulière, Jésus de Nazareth. Comment alors retrouver un certain sens de l'« immanence » divine au sein du monde ? Pour penser cela, Pierre Teilhard de Chardin est un bon guide. S'il n'est pas l'inventeur de l'expression « Christ cosmique », c'est lui qui s'est surtout employé à la faire connaître. Elle dit bien le coeur de sa théologie, dans la mesure où elle se trouve au confluent de ses deux « fois » : foi au Christ et foi au monde. Elle rejoint aussi des questionnements plus actuel sur la question du mal, la fin de l'évolution, le transhumanisme ou la possibilité d'autres mondes habités.

  • Le mot semble faire partie du passé ; même les croyants n'y pensent qu'à  reculons. Le péché aurait-il disparu ? François Euvé propose de réfléchir à  cette notion dans toutes ses implications : le sentiment de culpabilité, le rapport avec le mal, la liberté, la prédestination, le péché originel...Mais cette analyse ne s'adresse pas aux seuls croyants ;
    Elle ne vise pas à  dépeindre les noirceurs de l'âme humaine mais à  montrer comment le péché peut prendre place dans l'existence de chacun sans la détruire ou l'aliéner. Doyen de la Faculté de théologie, François Euvé est spécialiste de théologie fondamentale. Sa formation scientifique le pousse à  envisager la théologie de la création en rapport avec les sciences modernes, et notamment sur la relation entre l'humanité et la nature.

  • En publiant en 1859 L'Origine des espèces, Charles Darwin proposait un modèle simple - celui de la sélection naturelle - pour rendre compte de la diversité du monde vivant et de sa capacité à subsister. Il heurtait violemment la représentation habituelle d'un monde créé par Dieu, permanent et stable. Son idée d'une origine animale de l'homme semblait contredire la Bible.
    Le livre rencontra un succès fulgurant : les 1250 exemplaires de la première édition se vendirent dès le premier jour ! La communauté scientifique se rangea rapidement derrière Darwin, au grand dam de l'Église.
    Quelle place restait-il à Dieu ? Si le monde était mu par la compétition, n'était-il pas forcément injuste, immoral ? Comment faire tenir ensemble le matérialisme darwinien et les traditions spirituelles et religieuses ? Le malentendu était total.
    Aujourd'hui, la position de l'Église a évolué. Benoît XVI a déclaré que Rome n'était plus hostile aux thèses de Darwin. Cependant le courant « créationniste », principalement aux États-Unis, maintient une opposition radicale en s'appuyant sur une lecture littéraliste de la Bible.
    Dans un livre stimulant et de lecture facile, François Euvé, scientifique et théologien fait le point sur ces débats. Comment comprendre Darwin ? Les excès des pour et des contre. Quelle liberté pour l'homme dans un monde en évolution ? Quelle relation entre la science et la foi ?

  • Les jésuites ont contribué à l'émergence des sciences modernes, en offrant une manière singulière de les envisager. En se concentrant sur trois domaines - mathématiques, astronomie et biologie -, ce livre montre que, tout en les pratiquant avec le plus grand sérieux, ces religieux avaient et ont toujours pour but d'aider leurs contemporains sur le plan spirituel. Cette histoire unique en son genre nous est ici racontée depuis ses origines jusqu'à nos jours. Une réflexion éclairante et stimulante sur les rapports des jésuites avec les sciences exactes conclut ce parcours.

  • Le meurtre d'un prêtre par des djihadistes. Des gestes de fraternité entre musulmans et chrétiens pour dépasser la vengeance. Comment deux actes aussi opposés, l'un barbare, l'autre civilisateur, peuvent-ils être commis au nom de la religion ? Dans cet essai stimulant, François Euvé interroge le rapport des religions à la vérité.
    L'assassinat par deux jeunes djihadistes du père Hamel le 26 juillet 20016 à Saint-Etienne du Rouvray précédé par l'attentat de Nice a saisi d'effroi l'opinion publique. Dépassant la colère et le désir de vengeance, des chrétiens et des musulmans ont posé des gestes de fraternité inédits en assistant ensemble à la messe dominicale. Comment comprendre qu'un acte aussi barbare et des gestes aussi humanisant puissent être tous commis au nom de la religion ?
    Rédacteur en chef de la revue Etudes, François Euvé interroge ce paradoxe. Il est trop facile d'écarter d'un revers de main la motivation religieuse des djihadistes en attribuant uniquement leurs crimes à des causes sociales. Affirmer que ce geste barbare ne peut se réclamer de l'islam ne contribue pas non plus à élucider ce qui se noue quand on invoque Dieu pour commettre l'ignoble. Au lieu d'en conclure que l'islam est intrinsèquement violent n'y a-t-il pas à examiner de près le rapport actuel de cette religion à la pluralité démocratique ? Plus largement, n'a-t-on pas minimisé l'impact de la religion et son influence sociale en la réduisant à un simple reflet de l'état de la société ? Et si à un XXe siècle, le plus violent de l'histoire, où le crime de masse avait surtout des motivations a-religieuses, succédait un XXIe siècle où, mue par un vertige fondamentaliste, la barbarie était commise au nom de Dieu ?
    Loin de se résigner à cette perspective tragique, ce livre invite à reconsidérer le rapport des religions à la vérité. Et si au lieu d'être chosifiée comme un dépôt intouchable déconsidérant celui qui la conteste, la vérité se faisait dans le dialogue, en marchant avec l'autre, qu'il croit ou non en Dieu ?

  • Faut-il considérer que le rationnel est du côté de la science, et l'irrationnel du côté de la religion ? Et que la première a détrôné la seconde ? Rien n'est moins sûr : elles n'ont pas les mêmes objets.
    On emploie le mot « science » comme s'il avait eu le même sens de toute éternité, comme s'il signifiait la même chose pour Aristote, Copernic, Galilée ou Stephen Hawking. Or ce mot ne désigne pas la même réalité pour les Anciens, les Médiévaux et nos contemporains. La science se construit historiquement, dans le temps et avec son époque. Tout comme la religion, la science est une forme de pensée qui détient une vérité, certes, mais une vérité qui n'est pas intangible. Par ailleurs, la « science », dans sa genèse, a été profondément influencée par une certaine théologie, laquelle s'est elle aussi présentée comme une démarche rationnelle, en interaction permanente avec son environnement intellectuel.
    D'une époque à l'autre, c'est à une étude des croisements et des enjeux entre science et théologie que cet ouvrage nous invite.

  • Ce livre reprend les travaux d'un colloque commun organisé par l'Institut catholique de Paris, le Collège des Bernardins et la Faculté jésuite de Paris (Centre Sèvres) les 3 et 4 mai 2011.
    Le succès des sciences et des techniques à l'époque moderne tend à accréditer une vision " naturaliste " du monde où l'action de Dieu semble de moins en moins perceptible. Y-aurait-il une ligne continue du déisme des Lumières à l'athéisme contemporain ? De plus, l'expérience des catastrophes du XXe siècle a encouragé l'émergence de théologies du " retrait divin ". Dans ce contexte, ose-t-on encore parler d'une action divine ? Et si oui, comment ? Quel sens donner à la création du monde par Dieu, thème central dans la confession chrétienne ? Ce colloque se propose d'aborder théologiquement ces questions.
    Une démarche interdisciplinaire revisite la notion traditionnelle de création et aide à formuler une pensée de l'agir divin qui ouvre à l'humanité et au cosmos un avenir salutaire

  • " Qu'est-ce que la vie ? " " Qu'est-ce que l'homme ? " " D'où vient l'univers ? " Il est longtemps allé de soi que ces questions, purement métaphysiques, relevaient de la religion. Mais depuis Darwin, tout se complique. Théorie de l'évolution, big bang, double hélice de l'ADN : la science ne cesse de repousser les limites du mystère. Sans toutefois en venir à bout... Certains y voient la preuve que derrière la science se dessine le " Visage de Dieu ". D'autres en déduisent au contraire que le moment est venu d'" en finir avec Dieu ". Quelles questions est-on fondé à poser à la science ? Quelles interrogations ne concernent que la religion ? Quelles portes peut-on ouvrir entre les deux sans les dénaturer ? Un biologiste athée, un philosophe athée et un théologien jésuite s'efforcent de remettre un peu d'ordre dans un embrouillamini conceptuel.

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