Nouveautés en Protestantisme

  • Thomas Müntzer (1490-1525) : christianisme et révolution ; écrits théologiques et politiques Nouv.

    Né vers 1490 dans ce qui n'était pas encore l'Allemagne, Thomas Müntzer émerge de la masse des partisans de Luther au printemps 1520, quand il est nommé prédicateur à Zwickau. En conflit avec la municipalité, il quitte la ville un an plus tard. Durant les cinq années qui suivent, la situation se reproduit : ses prédications comme ses textes, articulant théologie et politique, prônent l'usage de l'allemand dans les lieux de culte tout en s'insurgeant contre l'ordre établi, ce qui n'est pas du goût des puissants. Müntzer parcourt l'Allemagne du Sud-Ouest au moment où s'y développent les premiers signes de ce que l'on nommera plus tard la « guerre des Paysans », soulèvement de nature à la fois religieuse et sociale. Rentré en Thuringe en février 1525, il devient l'un des chefs de la rébellion dans cette région. Fait prisonnier le 15 mai 1525 à la bataille de Frankenhausen, qui marque la fin des révoltes paysannes, il subit la question et sera exécuté une quinzaine de jours plus tard.
    Son oeuvre, aussi brève et dense que sa vie, vise la fin de l'oppression culturelle entretenue par les clercs, la fin de l'oppression politique instituée par les princes, la fin de l'exploitation économique dont profitent les seigneurs. Cette oeuvre, quantitativement fort réduite par rapport à celle d'un Luther, est immense si l'on songe à son retentissement au xvie siècle et au cours des siècles suivants. Les sept textes fondateurs et les cinquante lettres rassemblés dans ce volume en démontrent l'actualité.

  • Comment les protestants rendent-ils leur culte à Dieu? Si les différents moments du culte sont fixés depuis longtemps, leur sens n'est pas toujours clair aujourd'hui, y compris pour les protestants eux-mêmes.

    Ce livre, qui réunit des auteurs divers autour des enseignants de la Faculté de théologie de l'Université de Genève, se propose de faire le point. Il reprend les différents moments liturgiques du culte, en interroge le sens et en sonde la pertinence pour la vie communautaire des croyants.

    Avec les contributions de Frère Alois, Hans-Christoph Askani, Simon Butticaz, Leopoldo Cervantes-Ortiz, Christophe Chalamet, Meehyun Chung, François Dermange, Andreas Dettwiler, Olivier Fatio, Chris Ferguson, Michel Grandjean, Angela Dienhart Hancock, Nico Koopman, Jean-Daniel Macchi, Félix Moser, Élisabeth Parmentier, Bernard Rordorf, Vincent Schmid, Sarah Scholl, Sarah Stewart-Kroeker, Ueli Zahnd et Benoît Zimmermann.

  • Qu'en est-il aujourd'hui, dans tous ses états, de la Réforme ? Qu'ont encore de commun luthériens, calvinistes, baptistes, évangéliques, pentecôtistes ? L'Écriture et la foi peuvent-elles se dissoudre dans le littéralisme et l'émotion ?
    En notre époque dominée par les émotions, l'enfer est, plus que jamais, pavé de bonnes intentions. La ferveur portée notamment par les protestants évangéliques prend des formes sympathiques, suscite des conversions, touche au coeur des milliers de croyants. Mais ne le fait-elle pas parfois au risque d'un appauvrissement, lui-même source de bien des égarements, voire de fautes lourdes ?
    Bibliste et théologienne protestante, Françoise Smyth lance ici un appel aux calvinistes et luthériens, pour qu'ils maintiennent vivante cette belle démarche que l'on nomme « exégèse ». Elle les encourage à revenir à l'intuition initiale de la Réforme, à lire le Livre avec un esprit de découverte et à rejeter les simplifications commodes qui nourrissent les clichés. L'analyse critique de la Bible, à la portée de tous, ouvre des fenêtres et affermit l'expérience intime de la relation à Dieu. Il peut s'agir de réapprendre à lire.
    Un livre engagé au coeur des mutations et des dérives du fait religieux aujourd'hui.

  • Cet ouvrage est le premier consacré à l'histoire de l'Église réformée de France, depuis sa renaissance au xxe siècle sur les cendres de l'Église concordataire jusqu'à l'union entre réformés et luthériens en 2013. Cette Église incarne une présence particulière au monde, portée par une identité forte.

  • Les thèses réformatrices de 1523 et leurs commentaires sont de beaucoup le texte le plus important et le plus volumineux de Zwingli. Il est aussi le tout premier manifeste de ce qui allait devenir la branche proprement réformée du protestantisme.
    Enfin traduit en français, ce document laisse transparaître nettement ce qui a d'emblée distingué le courant réformé du courant luthérien. Zwingli l'a écrit en moyen haut allemand de l'époque, à destination de ses anciens paroissiens de Glaris, pour les mettre au courant des discussions et controverses qui avaient précédé la dispute au terme de laquelle Zurich est passé à la Réforme, et tenter de les y rallier à leur tour.
    Il l'a fait avec une liberté de ton, un mordant, voire une manière populaire de dire et envisager les choses qui font de ce document un témoin important et savoureux de ce qui s'est joué au XVIe siècle.

  • Le terme de Réforme est, d'ordinaire, réservé aux protestants du XVI siècle. Le phénomène semble en effet présupposer deux conditions sans lesquelles la rupture avec l'ancienne Église n'aurait pas été possible : l'humanisme et l'imprimerie. Or, le hussitisme - du nom de son « fondateur » Jan Hus et dont la capitale est Prague - est né trop tôt pour remplir ces critères. Ce double décalage a incité les historiens à ranger le hussitisme parmi les hérésies médiévales. Le mouvement tchèque n'a pourtant rien d'un groupe minoritaire déviant de la foi commune, puisqu'il a réussi, en Bohême et en Moravie, à conquérir la majorité des âmes et à se faire reconnaître une légalité publique.
    Le hussitisme appartient en réalité au nouveau modèle cultuel et social de la Réforme, et il oblige à en repenser la genèse. La synthèse proposée ici embrasse donc toute la destinée du hussitisme, depuis ses balbutiements dans les années 1400 jusqu'à sa disparation brutale. Des « martyrs » condamnés au bucher à la véritable guerre menée par un génie (pourtant aveugle) de la guerre médiévale, Jan Zizka, en passant par la politique des princes de la Renaissance et des papes ou la puissance des querelles théologiques, c'est un tableau passionnant et pourtant méconnu de l'histoire de l'Europe que dresse ainsi Olivier Marin.

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