L'auteur de la semaine: le jésuite Bernard Sesboüé. Il nous a quitté mercredi le 22 septembre à l'âge de 92 ans.

  • La foi chrétienne nous dit que Dieu s'est fait homme pour entrer en relation d'amitié avec nous. Jésus est cet homme qui a cherché à se faire reconnaître comme Dieu dans son humanité. Il ne suffisait pas pour cela qu'il fût un vrai homme, partageant tout de notre condition humaine, il fallait qu'il fût aussi un homme vrai. Nous n'aurions pas pu le reconnaître dans sa véritable identité s'il s'était montré homme dans une médiocrité banale. Nous savons qu'il fut un homme rayonnant, on l'a même accusé d'être un séducteur. Il a pu oser cette parole : « Qui de vous me convaincra de péché ? », alors que ses adversaires étaient à l'affût pour le prendre en faute sur des détails de l'observation de la loi. Il s'agit ici de décrire le comportement humain de Jésus pour en montrer l'excellence unique. Jésus réalise parfaitement la vocation de l'homme, et à travers l'homme il se révèle comme le Fils de Dieu.

  • "Tout le mystère chrétien est présent dans lEucharistie. Mais comment comprendre cette institution en profondeur, sans verser dans un ritualisme formel ?
    On a souvent dit que le christianisme sappuyait dabord sur un événement fondateur, celui de Jésus de Nazareth, mort et ressuscité. Or, la célébration de lEucharistie représente précisément le moment et le lieu où lévénement pascal de Jésus se fait institution, tout en demeurant lévénement personnel de Jésus. Comme lavait souligné naguère le père de Lubac : « Si lÉglise fait lEucharistie, lEucharistie fait lÉglise. » Chaque célébration eucharistique a pour but de faire de lassemblée présente le Corps de lÉglise, qui est le Corps du Christ.
    Il sagit donc ici dexpliquer ce qui est en jeu dans ce sacrement, afin daider les chrétiens qui ne sont pas théologiens de métier à mieux la comprendre, et surtout à mieux en vivre.

    AUTEUR Théologien, jésuite, le père Bernard Sesboüé a publié de nombreux ouvrages dont, chez Salvator, Lhomme, merveille de Dieu (2015), Jésus, voici lHomme (2016) et LÉglise et la liberté (2019)."

  • Dans le foisonnement des disciplines revêtues de la dimension « théologique », comment se repérer ? Qu'entend-on exactement par le mot « théologie » ? Ces pages entendent donner un ensemble d'informations valables sur un vaste domaine, en prenant pour centre de gravité la théologie dogmatique, qui demeure la grande cheville ouvrière de la discipline. Mais définir la tâche propre de celle-ci demande de la situer dans tout un ensemble qu'elle a largement contribué à développer et dont elle reste manifestement solidaire. Du point de vue chrétien, elle a pour objet central l'événement historique relaté dans la Bible et qui a son sommet dans la venue, la vie, la mort et la résurrection de Jésus de Nazareth, proclamé par les chrétiens Christ et Seigneur, et adoré comme Dieu. Cet événement se continue dans une autre histoire, celle de l'Église, dont Jésus de Nazareth est à la fois le fondateur et le fondement. À ce double titre, la théologie chrétienne est largement une histoire, science de l'homme par excellence.

  • Alors que le transhumanisme ou les théories du genre semblent remettre en cause l'être de l'homme, sciences, philosophies, idéologies, religions, chacune de ces « anthropologies » se dispute le droit de définir son identité. Quel est alors le sens d'une « anthropologie » qui s'appuie sur la foi chrétienne ? En quoi l'homme est-il merveille de Dieu, digne d'une attention inestimable ?

    Ces pages passionnantes, où la théologie dialogue avec la pensée contemporaine, entreprennent de répondre à cette question.

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  • Cet essai sur la rédemption et le salut, publié en 1988, a rencontré un tel succès qu'il devenait nécessaire d'en présenter une nouvelle édition.
    Nombre de questions demeurent sur ce mystère central de la foi chrétienne : le salut chrétien est-il une oeuvre de vie ou une oeuvre de mort ? L'idée d'un Dieu vengeur qui exige la mort de son Fils pour satisfaire sa propre justice a été alimentée par la théologie et la prédication de ces derniers siècles. Elle habite encore les consciences. Qu'en est-il exactement ? Le salut des hommes, c'est-à-dire à la fois leur libération du mal et leur entrée dans une communauté pleine de vie avec Dieu et entre eux, est l'oeuvre de l'unique médiateur, Jésus, le Christ.
    Cette médiation s'accomplit selon deux mouvements croisés : l'un, descendant, allant de Dieu vers nous dans le Christ qui nous aime à en mourir; l'autre, ascendant, allant de nous à Dieu par le Christ qui, Chef de l'humanité, aime le Père à en mourir. La mort reste le fait des hommes pécheurs, dont Jésus convertit l'oeuvre de mort en oeuvre de vie. Ce travail de mémoire doctrinale, si éclairant soit-il, ne peut suffire.
    Aussi, l'auteur propose-t-il, dans un second tome, un essai sur " l'histoire du salut ", à travers les récits de l'Ancien et du Nouveau Testament. L'enquête menée dans la tradition est ainsi prolongée à partir d'une lecture nouvelle de l'Ecriture, " âme de toute la théologie " selon Vatican II.

  • Des sujets de débats sensibles dont Inquisition, esclavage, etc.

    Alors qu'elle se réclame d'un Dieu d'amour et de justice, l'Église a-t-elle vraiment servi la liberté de l'homme au cours de l'histoire ? Le sujet a fait couler beaucoup d'encre et suscité bien des débats et polémiques, en particulier à l'époque des Lumières. Avec courage, le théologien Bernard Sesboüé ne craint pas de l'affronter ici en faisant résonner théologie et perspective historique.
    La liberté est une révélation majeure de l'Évangile.
    Elle appartient à la vocation des hommes du fait de la Création qu'ils ont reçue des mains de Dieu. Il est donc parfaitement légitime d'interroger la responsabilité de l'Église en ce domaine. Comment expliquer ces zones d'ombre tragiques que furent en particulier l'esclavage, la justification de la traite négrière et l'Inquisition, aux procédures souvent cruelles et peu respectueuses des personnes ? Pourquoi un tel écart avec l'idéal évangélique ?
    Cette relecture d'un passé contrasté nous questionne jusqu'à aujourd'hui. « Tant que notre temps continue, écrit Bernard Sesboüé, nous aurons toujours à nous convertir à l'Évangile, et la présence de l'Esprit dans l'Église est là pour nous donner les moyens de le faire. »

  • Un acte théologique, comme son nom l'indique, est un faire, un agir, une création. Quelque chose advient qui n'existait pas. Un auteur, par la qualité de son travail, a fait avancer l'intelligence théologique sur un point jusque là incertain ou controversé. La découverte d'un déplacement et une problématique nouvelle changent la situation antérieure et ouvrent des voies encore inconnues. Le progrès est si parlant qu'il s'impose et provoque, d'emblée ou lentement, une large unanimité.

    La réception par la communauté des théologiens et plus encore par l'Église est donc indispensable à la réalisation d'un acte théologique. Nul ne peut prétendre qu'il a accompli un acte théologique, comme nul ne peut se prétendre prophète au nom de son propre charisme. Mais les autres, analysant telle ou telle doctrine, peuvent y voir ce qui va devenir un acte théologique. Celui-ci suppose toujours sa propre réception. L'important n'est pas d'abord le texte mais l'existence d'une idée créatrice.

    L'ouvrage est divisé en 4 sections : 1. Section patristique : Irénée, Origène, Basile de Césarée, Augustin ; 2. Le Moyen Âge occidental : Boèce, Thomas d'Aquin ; 3. Les Temps modernes : Luther, le concile de Trente, Bellarmin, Petau ; 4. Du XIXe siècle à l'époque contemporaine : Möhler, Newman, le Modernisme, le concile Vatican II, Rahner.

    Ce livre renouvelle profondément la façon d'envisager l'histoire de la théologie, voire la théologie tout court. En outre, il ouvre de nombreuses pistes à toute personne intéressée par l'histoire des idées.

  • Sauvés par la grâce De la controverse à la réconciliation Les débats sur la justification du XVIe s. à nos jours La justification par la grâce au moyen de la foi est le thème symbolique du conflit qui a séparé catholiques et luthériens au moment de la Réforme.

    D'innombrables débats se sont succédé, d'abord dans un climat grandissant de confrontation (Première partie) avant de redevenir, au XXe siècle, l'objet d'un dialogue (Seconde partie) inscrit dans une bienveillance mutuelle retrouvée, et mené dans un espoir de réconciliation entre les Églises. Ces efforts aboutiront en 1999 à la ratification de la Déclaration commune luthéro-catholique sur la justification, véritable événement, puisqu'il a recueilli la signature officielle des représentants des Églises confessant ensemble la justification par la foi. Avec lucidité, Bernard Sesboüé en souligne aussi les limites.

    En des prises de position personnelles, l'auteur reprend le détail de cette longue histoire, très documentée, depuis les thèses de Luther en 1517, les premiers dialogues entre luthériens et catholiques au XVIe siècle, le Concile de Trente, jusqu'aux dialogues théologiques du XXe s. - avec les débats entre Karl Barth, Hans Küng, Henri Bouillard et Louis Bouyer pour la première fois rassemblés dans une même étude.

    Avec cet ouvrage, l'histoire relue à la lumière des toutes récentes évolutions ouvre des perspectives neuves : que signifie pour le chrétien d'aujourd'hui le message de la justification ? Comment l'annoncer ?

    Un précieux instrument de travail qui permet au lecteur de poursuivre sa propre réflexion.

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